L’ADAPT et les drones

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logoLes pratiquants de vols en immersion adorent partager leur passion avec tout le monde ! Généralement, ce sont des passants qui regardent les multirotors voler avec un mélange de curiosité et de crainte. Crainte qui disparaît quand les pilotes leur collent des lunettes ou un masque sur le nez : ce qu’ils voient est suffisamment surprenant pour qu’ils oublient tous leurs préjugés. Car c’est un peu s’évader de son corps… L’idée a séduit l’association ADAPT, qui œuvre depuis 1929 à l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. Elle est allée demander aux vétérans Haut-Savoyards des vols en immersion, l’association Airgonay, de les aider à organiser une découverte des drones… Je n’étais pas présent, je laisse donc la parole aux responsables de l’association pour raconter la journée HandiDrone, de l’intérieur !

20160528_101032-1200« L’Adapt nous a contacté pour organiser cette première journée d’initiation autour des « drones ». On ne va décidément pas pouvoir y échapper, à ce mot… L’objectif était de faire découvrir à des personnes en situation de handicap le pilotage en immersion sous toutes ses formes, pas que les vols, l’univers des drones, les applications de loisirs et professionnelles. La finalité de l’opération était aussi de réaliser un support de communication, un film tourné par France 5, pour promouvoir et développer ce type d’opération. Tu t’imagines bien qu’il n’y a eu aucun souci pour trouver des volontaires chez nous, c’est quand même mille fois plus motivant que d’organiser une chasse aux troncs d’arbres !

20160528_110331-1200Les activités du matin se sont déroulées dans un gymnase, avec au menu un peu de théorie, juste pour tout comprendre. C’est-à-dire une présentation synthétique des différents type de modèles radiocommandés (les multi, les ailes, les avions, les voitures), du principe du vol en immersion, et des explications sur les différents accessoires que sont les radios, les antennes. On a répondu aux questions « traditionnelles ». Quelle est la portée, l’autonomie, le coût, comment s’applique la réglementation ? On a présentaté d’autres applications, non destinées aux loisirs. Ce sont les métiers des professionnels de l’image, des secours en montagne, des pompiers, et les débouchés professionnels comme le pilotage, la maintenance, la vente, le conseil.

20160528_112303-1200On a ensuite entamé les travaux pratiques, le plus intéressant ! Les débuts se sont faits avec une prise en main des radios sur des simulateurs de vol. Puis les participants ont fait leurs premiers pas en immersion avec des voitures équipées en FPV. Il nous a été interdit de voler dans le gymnase… Dommage, un P’tiot ou un Tiny Whoop auraient été pourtant parfaits pour l’occasion. Dès qu’ils se sont retrouvés avec un masque ou des lunettes sur les yeux, l’intérêt des participants a été évident. Oubliés et relégués au rang de distractions anecdotiques, les écrans distants et simulateurs, rien ne vaut la réalité !

20160528_145523-1200Après le déjeuner, Nous sommes partis en transhumance vers le terrain FFAM de Montagny où sévit le club des Blaireaux Air Modèles. Il faut dire que la moitié d’Airgonay en fait aussi partie ! Arrivée en fanfare, parce que j’aime bien utiliser mon klaxon, et installation de la zone des pilotes. Jean-Paul Coissard, récemment élu président des Blaireaux, a expliqué et fait un rappel sur la sécurité, les zones et calé les utilisations de fréquences. Une règle spécifique pour l’après-midi a été adoptée. Durant toutes les sessions en écolage, aucun autre vol en FPV n’était admis et une fréquence unique était obligatoire pour tous les modèles. L’intérêt de la mesure ? Faciliter les réglages des moyens de visualisation des retour vidéo en temps réel, écrans, masques et lunettes. Nous avons aussi procédé à la désignation des « spotters », ces surveillants qui permettent de garder le contact visuel sur les appareils en vol et alerter les pilotes en immersion.

13348927_544427369075551_816236527_n-1200On a pu commencer les baptêmes FPV très rapidement, en profitant d’un paddock très cosy avec son parasol et sa glacière, Tous les participants étaient en mode « spectateurs », chaque pilote ayant prêté son masque ou ses lunettes FPV pour que tous profitent du spectacle. Dès les premières minutes de vols, la tension des organisateurs et moniteurs mais aussi l’excitation et les craintes des initiés, se sont envolées. Elles ont fait place au plaisir de voir la béatitude des instants magiques que procurent la sensation de voler pour la toute première fois. Nous pilotes blasés et habitués aux vols les plus fous, nous avons subitement tous revécu nos premiers instants en immersion, par procuration. Il est extrêmement difficile de retranscrire exactement ce que tous ont ressenti, mais les larges sourires de ceux qui découvraient une liberté à laquelle les « valides » sont habitués est un moment extraordinaire. Il y a eu des moments drôles, d’autres émouvants et touchants, pas par pitié ou empathie, mais simplement des bonheurs partagés…

13342011_544427335742221_2096273928_n-1200Le principe technique retenu pour les baptêmes est très basique. Nous avons choisi pour une machine pas trop puissante, avec une bonne autonomie grâce aux bons vieux setups de moteurs 1806 et hélices 6030 permettant allégrement les 10 minutes de vols avec une batterie de 1300 mAh… Il faut dire que 5A en stationnaire, ça fait rêver avec nos engins monstres de puissance actuels ! Le multirotor a été paramétré en mode Horizon, stabilisé donc, et parfaitement calibré pour faciliter les stationnaires. La caméra a été remise à plat, la radio maître, en l’occurrence une Taranis, a été reliée en mode écolage sans fil avec une radio Protronik, celle-ci permettant un passage mécanique de mode 1 à mode 2.

13330505_544427365742218_766008517_n-1200L’écolage sans fil est très simple à mettre en place. Dans l’emplacement JR à l’arrière de la Taranis ont été placés un récepteur et un BEC 5v. Ils sont alimentés par les pins présents dans le logement afin d’alimenter le récepteur de la radio élève. La sortie PPM de ce récepteur doit simplement être reliée par un jack sur l’entrée écolage de la Taranis. Ceci permet de s’affranchir du câble entre les 2 radios, et cela fonctionne parfaitement ! Les réglages de la radiocommande élève a été adoucis au maximum. Les débattements étaient au minimum et les expos au maximum. La radio maître a été paramétrée avec la possibilité de choisir les voies disponibles pour l’élève, le tout activé par un interrupteur à retour automatique. Concrètement, le moniteur « laisse la main » en maintenant l’interrupteur en position. Dès qu’il le relâche, il reprend le contrôle, ce qui permet des rattrapages instantanés au besoin.

20160528_141331-1200Lors des premiers vols, seule la voie de direction, c’est-à-dire le lacet ou le yaw, a été activée en écolage. Cela permet tout de même une interaction suffisante par les élèves pour être acteur dans le vol sans que le pilotage ne soit complexe. La profondeur a été rajoutée suivant l’appréciation du moniteur sur les capacités de l’élève. Tous les vols se sont déroulés sans aucune prise de risque. Il n’y a pas même eu une hélice à changer ou un survol hasardeux de la zone des pilotes. Les vols ont baladé les pilotes d’un jour au-dessus de la canopée ou rasé les champs… Entre deux baptêmes, le temps d’installer et briefer chaque élève, ont eu lieu des démonstrations de vols divers et variés. Des ailes volantes équipées en FPV dont les évolutions super rapides ont pu être suivies par les spectateurs via les lunettes d’immersion, des planeurs d’acrobatie, des hélicoptères, des avions et même une course de FPV racing ! Grand moment de solitude du moniteur de vol quand un élève pris dans l’action a désiré passer une airgate en écolage, lui aussi. Pari réussi, mais c’était folklorique !

20160528_141646-1200Le bilan ? On peut faire beaucoup de choses pour initier avec très peu de moyens par le biais d’un écolage standard. Mais on peut et on doit encore aller plus loin ! On doit permettre aux personnes que le handicap prive de la maîtrise leurs doigts d’être acteurs dans les vols. Une idée ? Mettre en place un convertisseur de commandes vocales vers un signal PPM, par exemple… Ceci un appel à la communauté ! 

On nous dit souvent « c’est quand j’ai vu vos vidéos que je me suis mis au fpv racing ». Notre vœu le plus cher aujourd’hui, c’est qu’il en soit de même après que vous ayez visionné la vidéo ci-dessous et que chacun, chaque club, chaque association ou team puisse participer à cette opération, pas pour nous, mais pour eux… et pour vous ! »

Si vous voulez aussi mettre en place une journée HandiDrone avec votre association, prenez contact avec Nicole Frêné,  responsable de la communication de l’ADAPT, ici.

Crédits photo : Airgonay

La vidéo !

 

4 COMMENTAIRES

  1. c’est cool, j’espère que pas mal d’handi continueront et auront la motivation et toute l’aide pour
    continuer.
    C’est une super initiative en tout cas.

    “On doit permettre aux personnes que le handicap prive de la maîtrise leurs doigts d’être acteurs dans les vols. Une idée ? Mettre en place un convertisseur de commandes vocales vers un signal PPM, par exemple… Ceci un appel à la communauté ! ”

    je suis tétraplégique C5/C6 , j’ai pas l’usage de mes doigts et juste les pronateurs des mains qui fonctionnes
    et ça ne m’empêche pas de piloter mon Q500 et de penser de plus en plus a un petit 250 ou 210.
    l’interface vocale n’est pas assez performante ou rapide si je compare celles utilisé par certains scotchés (on s’appelle comme ça entre pote) pour l’utilisation d’un pc ou autre et ça coûte très chers.

    par contre faire des adaptations sur les battons pour une meilleure préhension, extension de ceux-ci et des switch TX, pupitres pour pouvoir poser la TX sur le genoux, etc, etc, demandes a être fait en fonction du handicap de la personne.

  2. J’ai un pote qui est malheureusement en chaise roulante, mais pratique le FPV depuis quelques années, il a dressé son Golden Retriever pour qu’il lui rapporte la machine en cas de crash … Cela lui donne encore plus d’autonomie en pleine nature 🙂
    Merci à tous ceux qui prennent le temps de partager leur passion avec des personnes dont on a aussi beaucoup à apprendre 🙂

  3. Je ne peux qu’applaudir ce type de découverte !!
    Et remercier chaleureusement tout ceux qui s’investissent bénévolement pour offrir le temps d’un vol, notre passion auprès de personnes handicapés.
    Bravo l’ ADAPT et grand merci à Airgonay !
    Bon vol.

  4. Une initiative qui mérite les plus grand respect. j’ai un amis qui et paraplégique et qui pratique le FPV aussi
    et cela lui permet de s’évader et ne plus pensé a sont handicape le temps d’une lipo et c’est que du bonheurs.
    J’ai aussi eu l’occasion de travaillé dans mon fablab sur la conception du nacelle de stabilisation pour un canon 5d mk3 avec un system de pilotage spécifique qui a permis a une personne handicapé de pouvoir faire de la vidéo de qualité pro mais qui ne pouvez pas utilisé les système de commande conventionnel qui ne sont pas adapté a son handicape. cela lui permet de travaillé dans le monde de la vidéo pro magret sont handicape moteur.

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