La sécurité et les drones

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Michel Polacco, journaliste spécialisé dans les questions d'aéronautique.
Michel Polacco, journaliste spécialisé dans les questions d’aéronautique.

Nous avons eu la chance d’assister au colloque intitulé « Drones civils, les opportunités et les risques » organisé par le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale (SGDSN) au Conseil Economique, Social et Environnemental. Il était organisé en plusieurs tables rondes thématiques animées par Michel Polacco. Un reportage complet serait très rébarbatif, voici donc quelques points-clés à retenir…

Profil bas !

Thierry Michal, directeur technique général de l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA).
Thierry Michal, directeur technique général de l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA).

Les déclarations de Bernard Cazeneuve, qui assurait au lendemain des premiers survols de centrales, que l’état allait neutraliser les drones contrevenants, sont passées aux oubliettes. L’heure est à mise en commun des ressources pour réagir correctement face à des survols illégaux. Les intervenants semblaient tous sur la même longueur d’onde. Thierry Michal, directeur technique général de l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA) résume la situation ainsi : « il faut trouver des moyens efficaces de détecter les survols sur des zones interdites, de les caractériser pour ne pas les confondre avec des vols légaux. Ensuite, il faut définir des procédures pour être en mesure de répondre très rapidement – dans la minute – et prendre des décisions de neutralisation selon la menace ».

Les moyens ?

Denis Mercier, chef d'état-major de l'armée de l'air.
Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air.

Sommes-nous en mesure de détecter, caractériser et neutraliser ? Les intervenants ne sont plus vraiment d’accord sur ce sujet. Alors que l’ONERA est en plein travaux, le chef d’état-major de l’armée de l’air Denis Mercier a indiqué que l’armée de l’air disposait de moyens de détection des petits engins que sont les drones de loisirs avec ses radars. Sans bien sûr s’étendre sur le sujet, on le comprend assez bien. « Lorsque sont apparus les ULM, nous avons fait face à la menace potentielle, nouvelle à l’époque, avec la mise en place d’hélicoptères d’interception et de tireurs d’élite prêts à intervenir. Il va falloir faire la même chose pour les drones ». Il a indiqué qu’il allait falloir étudier la portée des risques collatéraux lors des opérations de neutralisation. Le brouillage des signaux GPS, par exemple, est un risque pour toutes les activités qui reposent sur son usage, notamment à proximité des aéroports.

Les fautifs ?

Eric Darras, général de division à la Gendarmerie Nationale.
Eric Darras, général de division à la Gendarmerie Nationale.

L’intervention du général de division à la Gendarmerie Nationale Eric Darras a donné quelques informations sur les récents survols illégaux. « Sur 89 signalements de survols de drones, les enquêtes judiciaires ont montré que seuls 27 étaient avérés ». Les autres ? Ce sont des méprises, le plus souvent avec des avions de ligne ou des hélicoptères. Quelles sont les conclusions des enquêtes concernant les survols de Paris ? C’est Régis Guyonnet, Directeur du Projet Labeo à la Préfecture de Police qui donne son éclairage. « Il y a eu beaucoup d’erreurs de signalement, quelques cas avérés, et aucune infraction grave n’a été relevée ».

Ce qu’il faut retenir ?

Régis Guyonnet, Directeur du Projet Labeo à la Préfecture de Police.
Régis Guyonnet, Directeur du Projet Labeo à la Préfecture de Police.

Aucun acte délibérément malveillant n’a été constaté, les survols illégaux avérés se sont révélés guidés par la méconnaissance de la réglementation. La plupart des survols parisiens sont, selon Régis Guyonnet, l’œuvre de touristes étrangers qui ont filmé la capitale depuis les airs et de nuit sans se savoir dans l’illégalité. Les intervenants semblaient tous d’accord sur l’innocuité des survols illégaux constatés jusqu’à présent. Pas de risque avéré, mais ils ont eu le mérite de mettre en évidence les faiblesses des réponses que l’état est capable d’apporter en cas de survol illégal. N’en déplaise à Bernard Cazeneuve. Les obstacles ne sont pas forcément là où on les attend…

La neutralisation ?

Aurélien Létocart, magistrat au Bureau de la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et le blanchiment.
Aurélien Létocart, magistrat au Bureau de la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et le blanchiment.

Le contre-amiral Frédéric Renaudeau a expliqué que le ministère de la Défense avait passé en revue de nombreuses solutions de neutralisation, depuis les tirs de grenaille jusqu’aux filets en passant par les jets d’eau – pour les tirs de matière, les brouillages radios aussi… mais que rien ne serait possible tant qu’un cadre juridique de riposte ne serait pas défini. Et ce n’est pas gagné, puisque selon Aurélien Létocart, magistrat au Bureau de la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et le blanchiment au ministère de l’Intérieur, « aucun fondement juridique ne permet d’encadrer l’usage d’armes dans le cas d’une infraction ».

L’éducation ?

Stéphane Morelli, président de la FPDC.
Stéphane Morelli, président de la FPDC.

C’est l’une des solutions préconisées par Stéphane Morelli, président de la Fédération Professionnelle du Drone Civil. Il a expliqué que la FPDC était partie prenante dans des réflexions sur l’opportunité et la mise en place d’un diplôme de pilote de drones civils. « Les drones sont dépréciés depuis les survols de centrales nucléaires. Il est impératif de pratiquer l’éducation des pilotes ».

Fédérer les pilotes de loisirs ?

Bruno Delor, président de la FFAM.
Bruno Delor, président de la FFAM.

Le discours est sensiblement le même à la Fédération Française d’AéroModélisme. Bruno Delor, son président, a expliqué que les clubs avaient une mission d’éducation importante, qui avait jusqu’alors porté ses fruits puisque le radiomodélisme n’a pas posé de problème particulier depuis des décennies. « Il faut encourager la pratique en clubs et décourager la pratique isolée », en rappelant que les sites de vols de la FFAM étaient déclarés à la DGAC, et que les adhérents étaient protégés par une assurance efficace. Et de terminer en demandant à ce que « la règlementation évite les exigences inapplicables qui feraient fuir les adhérents ».

La règlementation, justement…

Patrick Gandil, directeur de la DGAC.
Patrick Gandil, directeur de la DGAC.

Patrick Gandil, directeur de la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC), a rappelé que la France figurait parmi les premiers pays à se doter d’une règlementation qui permette d’utiliser des drones civils et des drones de loisirs, et le premier pays à avoir réglementé les vols hors vue directe. Il a affirmé la volonté de la DGAC de simplifier la règlementation, notamment via la notice destinée aux pilotes de drones de loisirs. Il a aussi indiqué que « rien n’interdisait de proposer de bonnes idées », se référant à l’application que prépare la FAA nord-américaine pour renseigner les pilotes sur la possibilité de voler (voir ici). D’ailleurs, Joshua P. Holtzmann, Office of Security and Hazardous Materials Safety à la FAA était présent. Il nous a affirmé que l’application, appelée B4UFLY, était principalement destinée aux pilotes de drones de loisirs, expurgée des termes techniques et aéronautiques pour assurer la compréhension par le grand public. Patrick Gandil nous a fait part de sa volonté de proposer une application plus ou moins semblable : développeurs, à vous de jouer et d’être force de proposition ! On se prend à rêver d’une application pour smartphones qui puisse répondre à la question toute simple « puis-je voler ici et maintenant ? » en tenant compte des cartes aéronautiques, des NOTAM, des interdictions de survol préfectorales, des zones interdites comme les parcs nationaux et les réserves naturelles, des journées aéronautiques, des agglomérations…

La réglementation, encore

Anders Madesen, Chief Inspector du Centre for Civil Aviation du Danemark, a évoqué une étude danoise dont les conclusions sont intéressantes et tiennent en 5 points. Avant tout, précisons que ce n’est qu’une étude, pas la réglementation en vigueur au Danemark. Le premier est le classement des appareils inférieurs à 250 grammes dans la catégorie des jouets, qui n’est soumise à aucune réglementation. « Nous considérons qu’un enfant peut jouer avec un tel engin dans un jardin public ». kidsnocriminalsPour les autres appareils, c’est le second point, il faut un marquage électronique, la seule solution selon l’étude pour que la présence de drones puisse être acceptée par le grand public. En troisième lieu, il faut aussi une licence de pilote de drone éducative et non contraignante, à passer sous la forme d’un QCM à passer sur Internet. Le quatrième point est l’obligation de contracter une assurance. Le cinquième et dernier point est l’obligation de respecter les consignes de sécurité et les interdictions temporaires de vol pour des événements. Assortie de l’obligation, pour l’administration danoise, de produire ces consignes sous une forme intelligible pour le grand public, débarrassée des notions purement aéronautiques. « Il faut que la réglementation pour les drones grand public ne soit pas plus complexe que les panneaux du code de la route pour espérer qu’elle soit respectée ». L’intervention d’Anders Madesen est passée plutôt inaperçue puisqu’elle n’était pas prévue au programme des tables rondes, mais elle nous a semblé particulièrement pertinente.

La réglementation, toujours

Henri Seydoux, PDG de Parrot.
Henri Seydoux, PDG de Parrot.

Henri Seydoux, le PDG de Parrot, a débuté son intervention en faisant voler un Bebop au-dessus de l’assistance. Rappelons qu’il s’agissait de hauts fonctionnaires, de chefs de grandes entreprises, de militaires de haut rang… Les notes de Patrick Espagnol, directeur de la sécurité d’EDF, se sont envolées au passage du Bebop en finale. Adieu veaux, vaches, cochons et plans des centrales nucléaires ! Alors que les danois préconisent une limite à 250 grammes, Henri Seydoux voudrait quant à lui que les appareils de moins de 500 grammes soient catégorisés comme jouets. « Parce que les drones de 500 grammes ne peuvent pas porter grand-chose, ce qui limite leur dangerosité ». Rappelons que le Bebop pèse environ 400 grammes. La mesure aurait un autre effet, celui de priver le Phantom, le concurrent direct du Bebop, de classification jouet. Et de rajouter pour enfoncer le clou : « nous sommes pour plus de réglementation dans le cas des appareils entre 500 grammes et 2 kilos ».

La stratégie européenne ?

Thierry Buttin, de la Commission Européenne, DG Marché Intérieur, Entreprises et Industrie.
Thierry Buttin, de la Commission Européenne, DG Marché Intérieur, Entreprises et Industrie.

L’exposé de Thierry Buttin de la Commission Européenne, DG Marché Intérieur, Entreprises et Industrie, était destiné à décrire la vision européenne des actions pour libérer le potentiel du marché. La formulation vous semble un peu vague ? La suite n’est pas encourageante pour ceux qui aimeraient que les choses aillent vite. Car l’Union Européenne va réaliser l’étude SJU SESAR qui évaluera « la taille du marché, les types d’applications et les concepts d’opérations associés ». Le tout doit aboutir à une proposition de modification du règlement de base de l’EASA d’ici à fin 2015, en se basant sur le risque (voir ici). Autant dire que l’application d’un tel règlement n’est pas pour tout de suite…

En conclusion

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement.
Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement.

Le mot de la fin est revenu à Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement. Un discours où il est revenu sur les points forts de la journée… à laquelle il n’avait pas assisté. Quelques minutes un peu longues de belles formules, d’approximations, de promesses peu crédibles et d’autosatisfaction. Des critiques formulées, précisons-le, sans parti-pris politique. C’est dommage, d’autant que le niveau de compréhension et d’implication des intervenants de ce colloque était particulièrement élevé.

Henri Seydoux aux commandes

41 COMMENTAIRES

  1. et pas Un n’a daigné bouger un sourcil quand certains développeurs se sont démenés pour publier des appris et des cartes sur le web…

  2. Que d’efforts, de temps, d’argent du contribuable de gaspillés:(
    Voilà encore un bel exemple d’agitation politico-médiatique pour cacher une impuissance devant un phénomène auquel on a donné beaucoup trop d’importance… et tout cela parce-qu’un ministre a voulu s’en mêler. Aujourd’hui les contrevenants courent toujours et les professionnels et les modélistes en pâtissent

    PS: Il y a une dizaine d’années on nous garantissait (pour les construire) que les centrales nucléaires étaient à l’abris d’un crash d’avion de tourisme, aujourd’hui on veut tuer une mouche avec un Bazooka en nous faisant croire qu’un drone jouet de 2kg pourrait présenter un risque potentiel pour une ce ces même centrales … Cherchez l’erreur 🙁

  3. J’aime bien la première phrase du boss de Parrot, c’est
    Pujadas qui avait dit ça au JT.

    FPV_67, tu à bien résumé la situation, et si l’Europe s’en mêle
    on est pas encore sortit de l’Auberge!!

    Fred, merci pour ce temps passé et cette synthèse, ça prend énormément de temps.
    Bravo!!

  4. Excellent article ! Tout ce qu’il faut pour cerner et discerner les options et vues des orateurs !

    Bravo Fred !

    Dans ce genre de symposium, il manque encore…. et toujours l’avis de quelques pilotes sur les questions abordés…. Ils ont leur mot à dire !

  5. Zut … je pensais qu’en France on serait plus futés que les autres …. Merci Anders Madesen ne nous montrer à quel point la France est dans l’incapacité totale de pondre un truc simple et intelligent. Cependant les 10 régles de la DGAC sont déjà un bon début mais pour les pros ou futurs pros qui doivent passer le théorique ULM, c’est pas génial !

    Merci Fréd en tous cas pour la rédaction.

  6. je trouve aussi que les danois on une reponse adaptée.
    Y a juste le probleme de l’assurance.
    Je comprend la nécessité (je ne nie pas le risque quand il s’agit d’un drone de plus de 250 – 500 g – difficile de fixer la limite). Mais s’il faut remplir tout un tas de papelards, payer 100 € pour faire 3 photos de sa maison depuis le ciel , ça va pas coller.

    Il faudrait limiter la necessite d’une assurance à la proximité du public. Du genre presence d’un tiers à moins de 500 m – > assurance.

    Mais l’idée d’une formation en ligne, sans autre contrainte qu’une obligation d’être attentif, me séduit . Pour moi il est evident qu’au dela de 250-500g , il y a un danger potentiel. Une petite formation simple, obligatoire mais non sanctionnante autre qu’une demande d’attention, juste pour faire prendre conscience des risques (du genre attention de pas faire peur aux voitures, eviter d’etre au dessus des gens, risque de fly-away, d’embardée, ..) me parait utile. Mieux vaut apprendre les risques plutot que les constater par soi-même.

  7. Et pour l’assurance, il faudrait prévoir une assurance journaliere, rapide, faisable en quelques minutes sur internet.

  8. Mutualisons les textes et autres décrets pour plus de taxes à venir…sur votre drone de loisir !
    En résumé, une future vignette à drone qui mijote dans les tiroirs en quelque sorte…Et comme d’hab : ceux qui seront réglo, seront donc solvables, donc verbalisables.

    Le problème : beaucoup de bonne volonté mais au final concrètement va toujours falloir passer par la case “POGNON” à terme…

  9. J’imagine le beebop en fly away dans l’assemblée 😉
    quelle connerie…

    Je trouve ça très limite que ce soit un constructeur qui préconise des règles pour protéger son business, j’aurai trouvé plus pertinent la présence de professionnels qui volent tout les jours avec les contraintes associées aux différents lieux….
    La ou je suis d’accord, c’est que le beebop est un jouet, et rien de plus!

  10. en gros,tu trouve pas normal qu’un constructeur préconise des règles pour son business mais normal que les pros puisse préconiser eux aussi des règles pour avoir moins de contraintes.

    et les 90% d’utilisateurs amateurs tu les met ou ?
    ce sont eux/nous les principaux intéressé et susceptible de morfler plus facilement face à tous ça!!

  11. Chapeau bas Fred pour ce GROS travail de synthèse !

    La conclusion est juste… la même depuis des décennies :
    “vous avez préparé mon discours ?” Quelqu’un peu me rappeler vite fait le contexte? Je dois être au Carrousel du Louvre dans une heure et les membres de la Com de mon cabinet me rappellent que nous avons déjà une heure de retard sur le planning.
    De toute façon je n’ai plus le temps de le lire avant mon intervention ”

    C’est aussi MA conclusion !
    Bon vol à tous. faites vous plaisir dans la légalité et… le bon sens !

  12. Pour nous representer, il y a la FFAM, qui occupe bien le terrain, et ca fait plaisir,!
    De son coté, parrot sous entends qu’il faut reglementer, mais bien sur, leur modele n’est pas concerné!

    Je te rassure, je ne suis pas pro mais amateur depuis 20 ans environ, toujours avec autant de passion!

  13. “Sur 89 signalements de survols de drones […] seuls 27 étaient avérés. Ce sont des méprises, le plus souvent avec des avions de ligne ou des hélicoptères.”
    Je savais qu’on manquait d’ophtalmo … mais à ce point 😀

    “Aucun fondement juridique ne permet d’encadrer l’usage d’armes dans le cas d’une infraction”
    Une loi qui rappelle qu’il faut pondérer la sanction par rapport à l’infraction commise. Tout comme on ne défonce pas une voiture garée sur une place interdite, la solution de détruire/abattre un drone ne devrait envisagée que dans des situations extrêmes.
    Surtout si “mes survols illégaux avérés se sont révélés guidés par la méconnaissance de la réglementation.”

    “Il faut encourager la pratique en clubs et décourager la pratique isolée”
    Il y en a qui n’ont honte de rien. En lisant ce type de discours dans un colloque “généraliste”, la FFAM perd toute crédibilité sur sa volonté d’apporter des solutions au problèmes soulevés. Si le seul but est de promouvoir la FFAM, il devrait s’économiser le déplacement …

  14. YES ! (les concernés sont absents 🙁 ) J’ai aussi déjà fais (sans succès) du lobbying auprès des responsables du CDAM_67 et du CRAM_Alsace qui discutent dans le cadre de la FFAM avec la DGAC pour pouvoir assister à leurs réunions de concertation.. Ne pas lâcher on arrivera bien un jour à quelque chose ..

  15. la FFAM me fait bien rire en disant…“Il faut encourager la pratique en clubs et décourager la pratique isolée”.

    sait elle au moins qu’il y à bon nombres de clubs Aéro qui
    interdise les voilures tournantes !!

    Tu raison “petit singe”, la FFAM n’est pas crédible et devrais
    d’abord balayer devant sa porte.

  16. Je ne vais pas parler au nom des responsables de la FFAM, mais je sais qu’ils encouragent la pratique multi-disciplines, le multirotor en faisant partie bien sûr. Chaque club peut se faire une spécialité, ce qui limite la possibilité d’avoir d’autres pratiques. Mais si le club interdit juste pour une histoire de moustachus qui campent dans leurs vieilles habitudes, je pense qu’un mail bien assaisonné à la FFAM peut changer les choses.

  17. Ils sont complètement à coté de la plaque : pour moi, l’activité multirotors et le modélisme, c’est totalement différent. Le modélisme, c’est le plaisir de piloter et de voir voler un avion, un hélico ou un planeur qu’on a mis des mois à assembler, régler, etc..

    Mais où est le plaisir de piloter un multirotors ? (mis à part pour l’activité racer, mais qui se pratique sur un terrain adapté.) D’abord, c’est pas beau à voir voler, c’est même très moche, une araignée qui vole… Ca reste en stationnaire autant de temps qu’on veut, on a pas le droit de l’envoyer loin ni haut,
    Le multi, c’est pour y accrocher une Gopro ou un APN et aller capter des images d’un endroit où on ne peut pas aller autrement.
    Je crois que ces messieurs en cravate n’ont pas compris ça et veulent parquer les télépilotes sur des terrains de modélisme pour éviter les vols illégaux. Mais ça ne marchera pas, une fois que le gars aura fait ses images de la piste de décollage et photographié les bois aux alentours, il en aura vite marre et voudra aller ailleurs.

    Enfin une anecdote : avant de me lancer dans le multi, j’ai voulu me familiariser avec l’utilisation d’une radio, des branchements de servos, avoir des notions d’électricité et enfin acquérir un peu de vocabulaire et de technique modélisme.. Je me suis construit un motoplaneur en Dépron et suis allé au terrain de modélisme de mon quartier. Les moustachus (comme les appelle Fred et c’est pas un cliché) à casquette décorées avec des ailes dorées m’ont gentiment fait comprendre que non, ici, c’est balsa et moteur thermique qui pue et qui fait du bruit, mais pas de ces erzats d’avions qui se crashent et qui peuvent revoler le lendemain. Non, mais !
    Donc, que des clubs interdisent les multis, ça ne m’étonne pas.
    Cependant, il ne faut pas généraliser, j’ai acheté mon premier F450 à un modéliste qui volait en planeur depuis 30 ans, et le drone lui servait à retrouver les planeurs du club qui avaient la sale habitude d’aller se poser des des herbes de 2m de haut. Ils en ont retrouvé qu’ils avaient perdu depuis 3 ans.

    merci à Fred pour cet excellent article et travail de synthèse.

  18. Je me permets de m’inscrire en faux par rapport à ton premier paragraphe car ce que tu y dénonce peut aussi coller dans le domaine des multi rotors que je construis depuis 6ans par moi même et que j’ai plaisir à piloter 🙁

  19. Pour exemple le vol en isolé pour ma part est bien obligé car le club à côté de chez moi ne veux n’y hélicoptère et encore moins drone :/ donc pas le choix et je pense que je ne dois pas etre le seul à vouloir faire partir d’un club et de n’y être pas accepté.
    Il faut encourager la pratique en clubs et décourager la pratique isolée” laisser moi rire 🙁

  20. Oui, je comprends ce que tu veux dire, j’aime bien faire voler les machines que j’assemble moi-même, même s’il n’y a pas un appareil dessous. C’est pour ça que j’ai fait une parenthèse pour les racers.. Pour la construction amateur, c’est un peu pareil… Je n’ai pas fait le détail des différents types de télépilotes, mais dans mes propos, je pensais plutot aux gars qui achètent du RTF. Eux, les terrains de modélismes, ça ne leur effleurera même pas l’esprit.

  21. Je sais pas si ils ont compris quelque chose.

    Ce qu’il faut retenir c’est que le seul pays qui s’est pris la tête avec ‘La France a peur” c’est … La France.

    Une fois encore, tout ce qui vole peut-être dangereux, d’ailleurs parmi les vols illégaux ont été évoqués des avions de lignes ou de tourisme.

    Conclusion : aucun besoin de créer un nouveau texte de loi, seul la prévention qui existe déjà fera l’affaire et pour les gros drones, le GPS avec les zones de restrictions sont la solution.
    Et aussi de fédérer les pilotes amateurs dans des clubs ou des fédérations, a vous de jouer les passionnés.

  22. Suite à la lecture de de ce super article, encore merci Fred 😉
    j’ai adressé un e mail au club aéromodélisme prés de chez moi pour savoir si je pouvais adhérer à leur club “FFAM” ( pour ne pas voler isolé) ^^ comme préconisé plus haut.

    Voici leur réponse.

    “Objet : Renseignements adhésion

    Habitants pas très loin de votre club d’aeromodelisme, j’aurai voulu savoir si au sein du club vous acceptez les modèles réduits ( hélicoptères Électrique, Quadricopter, Hexacopter )
    Comme vous le comprendrez je suis donc pilote depuis plusieurs années de ce style de machines et j’aurais donc voulu savoir si il m’était permis d’envisager une adhésion dans votre club d’aeromodelisme ?
    Dans l’attente d’une réponse veuillez, Mme ou Mr accepter mes sincères salutations. ”
    __________________________________________________________________

    “Bonsoir Monsieur
    Désolé mais dans notre club sont seulement et uniquement autorisés avions et planeurs
    Surtout pas les exa machins et les helicotrucs…
    Navré de ne pouvoir vous accueillir

    Très cordialement

    Vincent Saffioti
    1 Ch. de Pierres Plates
    38530 LA FLACHERE
    mob .06 51 00 79 84
    [email protected]

    Tout est dit …..

  23. J’ai bien l’impression que ce Monsieur Safiotti, son club de moustachu et sa boîte mail ont du souci à se faire lol

  24. Et dire que ce Monsieur Saffioti, ancien pilote d’hélicoptère émérite de la sécurité civile, fait parti du comité directeur du CRAM 21….
    Il semble que l’ouverture prônée par Bruno Delor, président de la FFAM, n’est clairement pas à l’ordre du jour au sein de ses comités régionaux
    Il reste encore du travail à la FFAM, pour convaincre ses responsables …….

  25. Je connais malheureusement aussi un cas identique en région Alsace où un modéliste à gentiment été refusé dans un club dont le président fais partie du bureau du CDAM_xx.
    La méfiance et la frilosité de l’administration publique et la peur de la nouveauté se retrouve aussi dans les clubs, bien souvent dirigés par des responsables n’ayant que peu de connaissance de notre passion et ne voulant surtout pas être dérangés dans leur existence “pépère” ..
    PS: Je vole quant à moi dans un Club “toutes disciplines” au nord de Strasbourg qui accepte volontiers les multirotors, le FPV et les courses de race_250 (Nous sommes passés sur BFM_TV l’an dernier) . Comme quoi il y a aussi des exceptions positives 🙂

  26. Bonjour à tous,

    La FFAM est consciente que les nouvelles pratiques à base de Multi Rotors sont encore méconnues pour nombre de clubs et de pratiquants. Le prochain éditorial de la revue fédérale sera sur ce sujet. On y parlera d’intégration des nouvelles pratiques dans les clubs.

    De nombreux clubs réagissent à l’arrivée du multi comme il y a des années pour l’hélico. J’ai donné à l’époque. Reclus dans un coin d’un terrain comme des pestiférés, pas d’accés à la piste principale et l’on devait demander l’autorisation de faire de la translation aux avionneux……..

    Malheureusement, la FFAM ne peut qu’informer, prescrire ou suggérer, mais ne peut rien imposer aux clubs. Les clubs sont des assos loi 1901 ou elle n’a aucun droit d’ingérence.
    De nombreux modélistes encartés dans les clubs passent au multi rotors et sont vus comme des geeks par les autres. C’est à eux de faire le travail en interne, mais si en assemblée générale du club on propose de bannir notre activité du terrain et que c’est voté à la majorité…..rien à faire.

    Le jour ou les gestionnaires et adhérents des clubs comprendront qu’il faut vivre avec son temps……. on aura peut-être une chance de faire évoluer les choses.
    C’est un travail de longue haleine autant pour la FFAM que pour les pratiquants de multi rotors, mais je suis certain que l’on va y arriver avec la bonne volonté de tous.

    FRED

  27. YES à 100% 🙂

    Voilà que depuis 3 ans j’impose discrètement, mais physiquement ma présence de meeting d’aéromodélisme en meeting pour aussi montrer que nous existons, je fais voler les journalistes avec les lunettes sur le nez et prodigues conseils à de nombreux pilotes. Mais ce qui me surprends c’est la “timidité” des modélistes anciens à franchir le pas vers ce monde nouveau qu’est le multi-rotor, même les pilotes d’hélico nous regardent un peu de haut jusqu’à ce qu’il franchissent eux-même le pas .

    Prochain challenge : introduire des démo de FPV-Race avec air-gates en meeting avions, planeur, hélico traditionnel en retransmettant l’image sur écran près du public 🙂

  28. Je pense que tu te trompes pour les pilotes d’hélico. J’en connais un paquet qui font les deux. Le gros avantage pour eux c’est de passer directement en full manuel, aucune assistance.
    Les pilotes des autres disciplines doivent apprendre le stationnaire…..et c’est souvent ce qui coince.

    FRED

  29. Je parlais en effet de certains et surtout pas de tous bien sûr 🙂 excuse à ceux qui pratiquent les deux et j’en connais … Je viens aussi de l’hélico que je pratiquais même en FPV en 2009 🙂 🙂 …

  30. Pourquoi ça n’avance pas…parce que nous vivons dans ce pays sur de vieilles lois napoléoniennes et qu’on a un peu trop tendance ces derniers temps à vivre sur ces acquis d’un autre temps.Nous sommes toujours ces irréductibles gaulois en 2015…pour le reste du monde…Autant dire ces “affreux,sales, bêtes et méchants” bidochons (euh ! humour).

    A force de ne pas prendre ses responsabilités personnelles depuis des lustres et laisser d’incompétents bureaucrates à “grandes gueule” imposer leur point de vue totalement faussé par des dossiers de jeunes arrivistes en mal de carrière…Qui ne savent même pas ce qu’est un drone de loisir d’ailleurs pour la plupart !

    Mais bon, à ce niveau, le plus important, c’est de faire partie de cette caste soit disant d’élite…Le reste c’est facultatif ??? y aura toujours moyen de pondre un décret ou deux et d’entériner le tout par une batterie de réunions et de taxes bien pénalisantes à terme.

    Et c’est bien là tous le problème actuel : L’être humain vieillit et s’enferme inéxorablement dans sa routine et ses convictions légitimes mais qui bien souvent n’éxistent plus dans la société d’aujourd’hui.

    Cette vieille France agonise de ne pas voir un peu de “sang neuf” à toutes les strates de sa constitution ; et à force de vivre dans le passé…On devient vite périmé comme un produit de consommation courante.Et c’est ce qui nous arrive !

    Bien sur que toutes ces fédérations n’ont pas évolué depuis des dizaines d’années et que changer les mentalités est bien plus complexe que de remettre une batterie à son planeur…

    Bien évidemment que la pratique du fpv racer devrait être à l’ordre du jour pour justement augmenter la pratique du drone en club…Et rajeunir les membres vieillissants de ces clubs.

    la faute aux vieux !!! Pire, où sont donc passés tous ces jeunes qui devraient prendre la relève…C’est vrai qu’on ne les voit pas venir AUSSI !

    On est dans un tournant de l’avenir du modélisme moderne…Et le drone en est le grain de sable qui fait un peu vaciller toute les certitudes sur ce loisir !

    Après, il y a toutes les ententes commerciales, économiques et financières qui n’arrangent pas, mais alors pas du tout, la prise de décision finale mais qui sera de toute façon inévitable.

    Le malaise est bien plus profond. Est-ce que la France peut encore prendre une décision de son propre “chef”.J’en doute…
    Ce pays a bien régressé, depuis, sur des activités lucratives du temps jadis : métallurgie, sidérurgie, charbonnage…

    A l’aube du règne technologique total, où beaucoup savent (l’asie, les russes et les américains ont tous compris…) que ce petit engin volant à quatre hélices pourrait jouer un rôle primordial dans les activités socio-économiques du futur ;

    et bien chez nous, on se pose encore la question de savoir si le vol en club du multirotor peut être toléré ou pas.

    Vous croyez pas qu’il est plus que temps d’avancer maintenant, les gars !
    Avec ou sans autorisations…Va falloir bouger et très vite
    car on est entrain de louper notre évolution…tout court.

  31. Beaucoup de clubs FFAM acceptent les multi et FPV, président de l’Adal à Lunel, je n’ai jamais refusé à un membre une adhésion pour cette pratique, et nous avons 6 membres qui pratiquent, soit pas loin de 10% de l’effectif. J’avoue que je leur propose au moins un vol d’essai sur avion ou planeur en double commande, on ne sait jamais.
    Den

  32. @Denis : c’est tout à ton honneur. Tu sais, j’ai reçu des appels de présidents de clubs, très injurieux, mais anonymes, suites au décryptage du projet d’arrêté. C’est dommage et je ne voudrais pas que la bonne volonté de la plupart soit mise à mal par des énergumènes idiots. Je suis 100 % pour la mission d’éducation et de formation des clubs, y compris sur des appareils différents. Ne serait-ce que pour comprendre leur espace de vol pour le partager plus efficacement…

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