DJI et la vidéo

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dji-phantomsLe radiomodélisme a amorcé un virage serré il y a un peu plus d’un an, lorsque sont apparus les premiers multirotors capables de porter des caméras de type Gopro sans devoir passer des heures à construire, régler, modifier, espérer, remodifier, reespérer, rerégler… Peut-être êtes-vous l’un de ces « nouveaux entrants » du radiomodélisme qui est venu à la pratique par le plaisir de réaliser des photos ou des vidéos, et pas du tout pour l’envie de piloter ? Il n’y a certainement pas de honte à cela ! Les constructeurs ont bien compris cette pratique nouvelle et ont adapté leurs produits pour satisfaire les photographes et vidéastes, qu’ils soient amateurs ou professionnels.

Les prises de vues

Le Phantom de DJI était prévu dès sa commercialisation pour accueillir une caméra Gopro, avec un support en plastique fourni gratuitement. Le Blade 350QX de Horizon Hobby lui a emboîté le pas, puis le QR X350 de Walkera. Ces trois appareils et leurs principales caractéristiques sont maintenant copiés, recopiés et surcopiés par des constructeurs chinois qui ne se donnent même pas la peine de modifier le design de leurs appareils. Dsc_0093-600Les nacelles stabilisées avec des moteurs brushed n’ont pas fait long feu, rapidement remplacées par celles animées par des moteurs brushless, beaucoup plus efficaces. La H3-2D de DJI a connu un grand succès, malgré son prix élevé. Elle a été suivie par d’innombrables nacelles brushless plus moins opérationnelles – certaines d’entre-elles étant très réussies. La nouvelle mode, ce sont les nacelles 3D, comme la H3-3D de DJI, qui permettent de se débarrasser des mouvements de lacets disgracieux.

Et la suite ?

C’est une certitude, les constructeurs vont tous proposer des appareils qui poussent encore plus loin les fonctions photo et vidéo. A ce jeu, le constructeur chinois DJI est fort ! Pour preuve le système de transmission vidéo en Full HD Lightbridge, que nous avions essayé dans une version préliminaire ici. Ses caractéristiques techniques dépassent celles des solutions concurrentes – et de loin, ne serait-ce que parce que sa portée dépasse 1 km. DJI serait-il en passe de s’écarter de son métier d’origine, la production d’appareils de radiomodélisme, pour devenir un spécialiste de la photo et de la vidéo v2.0 ?

On pourrait le croire…

dji-ronin-01Par exemple en découvrant le stabilisateur Ronin, qui sera bientôt commercialisé par DJI. Un outil qui n’a rien à voir avec le radiomodélisme, même s’il emprunte sa technologie aux nacelles brushless. Il s’agit d’un stabilisateur à porter à la main, avec une capacité d’emport de plus de 7 kilogrammes ! Freeway Prod (souvenez-vous, ceux qui ont réalisé les superbes images de l’Opéra Garnier), partenaires de DJI, en font la démonstration pendant le festival de Cannes – les professionnels de l’image sont forcément intéressés par cet outil qui permet de placer plusieurs types de caméras, qui se manie avec facilité, par une seule personne et sans installation de matériel préalable.

Mais non !

Franck Wang, fondateur de DJI
Franck Wang, fondateur de DJI

Car DJI a axé son business sur la vidéo depuis ses débuts. Michael Perry, Public Relations Manager de DJI, de passage en France, nous a expliqué que « le rêve de Franck Wang, le fondateur de la marque, a toujours été de réaliser des images aériennes ». En 2006, aux débuts de DJI, les appareils n’étaient pas des multirotors, mais des hélicoptères radiocommandés grand format. La technologie a bien évolué, en partie grâce à DJI, pour être mise entre les mains de… non-pilotes. Un bien ? Un mal ? Tout dépend de quel côté on se trouve… Et la sécurité, dans tout ça, est-elle malmenée ? Oui, très certainement. Mais elle sera sans doute au cœur des prochaines évolutions des appareils radiocommandés.

Michael Perry, Public Relations Manager de DJI
Michael Perry, Public Relations Manager de DJI

Michael Perry nous l’a assuré « la sécurité est l’une des préoccupations majeures de DJI. Les interdictions de vol près des aéroports intégrées dans le firmware des récents Phantom constituent un premier pas. Nous savons bien que ces interdictions ne sont pas encore satisfaisantes, notamment parce que la base de données des aéroports est loin d’être complète. Mais il s’agit de données à l’échelle mondiale, qui vont prendre un peu de temps pour être bien intégrées. Nous savons aussi qu’elles ne correspondent pas aux législations des différents pays. Là encore, nous avons choisi de faire au plus simple pour éviter, tout simplement, que l’un de nos appareils croise le chemin d’un avion. Nous sommes conscients qu’il faut aller plus loin encore dans la gestion de la sécurité, et nous y travaillons dur ».

Eh ! C’est un billet sponsorisé par DJI ?

Ah non, certainement pas. Nous voulions simplement mettre en exergue le parti-pris de DJI, mais aussi de la plupart de ses concurrents, un tantinet suiveurs : celui de privilégier la production d’images. Le radiomodélisme « classique » n’est pas voué à disparaître pour autant : les contrôleurs de vol OpenSource et OpenHardware ne se sont jamais aussi bien portés qu’en ce moment, et leurs prouesses en vol auraient fait rêver le plus imaginatif des radiomodélistes il y a 3 ans à peine…

La vidéo

Le stabilisateur de caméra Ronin de DJI dans les mains de Freeway Prod à Cannes !

Test DJI Ronin Gimbal System Handheld from FREEWAY PROD on Vimeo.

 

9 COMMENTAIRES

  1. Tout d’abord mes respects à Franck Wang qui a eu la bonne intuition de se débarasser subtilement et au bon moment du hableur Ricain, certes habile commercial, mais avant tout escroc professionnel notoire, qui a bien failli ruiner les espoirs de cette bien belle firme DJI.

    Je referme la parenthèse…Le système de stabilisation des caméras éxiste depuis les années 70 dans le cinéma en particulier (l’inventeur du steadycam l’immense Garett Brown).Tout cela n’est pas très nouveau en fait !

    L’arrivée de la miniaturisation et de l’électronique permet, il est vrai aujourd’hui,pour une poignée d’euros de se prendre pour le Stanley Kubrick du 21 ème siècle en matière de réalisation d’images…

    Ceci dit, la réelle grande nouveauté, ce sont les images aériennes stabilisées accessibles au commun des mortels ! Et ça pour ceux qui ont connu les prises de vue sur le patin de l’hélico (comme moi)…C’est une véritable REVOLUTION !

    Pour moins de 800 euros, tu peux te faire ton petit film aérien en solo et avec un peu de “talent” réussir à obtenir à peu près le même rendu image qu’avec un hélico et sa wescam pour 8.000 dollars.

    là-dessus le Modélisme aérien depuis deux ans vient de se positionner à un niveau jamais vu !

    Il se met, d’une part, à empiéter sur la chasse gardée des Professionnels de l’aérien (petite caste qui voit apparaitre un certain danger de concurrence déloyale ???)et de l’autre fait naitre des vocations chez les jeunes apprentis dronistes comme notre Nancéen zélé…

    Par contre, ce qui n’a pas véritablement évolué, c’est le “réel” Talent justement :
    Question de mentalité et de travail : Ce que l’on appelle ici bien souvent sur ce site de superbes images aériennes, ce sont justes des shoots images comme celui-ci :

    http://www.youtube.com/watch?v=G4Y3gORxhE8&list=UUNoACQIEZwNq5fp_AgMuYEg

    je me prends en exemple car n’importe qui peut faire la même chose même en mieux sur des sites bien plus valorisants…
    MAIS CELA N’A RIEN A VOIR AVEC DE L’IMAGE PROFESSIONNELLE ET ENCORE MOINS AVOIR UN CERTAIN TALENT !!!

    Je vous invite à méditer sur ce qu’est d’une part le TALENT DANS L’IMAGE AERIENNE et de l’autre de bien comprendre que le mot professionnel ne veut pas dire juste avoir son brevet théorique ULM et/ou son drone homologué par la DGAC…

    Revoyer un film comme “SHINING” de Kubrick (même si il n’y a pas d’images faites par un drone, mais par un hélico) et là vous allez voir un véritable travail de Professionnel à tous point de vue…

    Ne pas confondre la belle image amateur sympathique et le piqué d’un rendu d’un travelling aérien pro.Le passionné ne verra pas forcément la différence mais le vrai pro verra l’irrémédiable différence en un clin d’oeil.

  2. Je suis exactement un représentant de cette nouvelle famille d’utilisateurs. Aucun passé de radio-modeliste mais un professionnel de l’image passionné par l’idée d’avoir un hélico dans son sac à dos. Je suis avec beaucoup d’attention tout ce qui peux me permettre de progresser dans cette optique et déjà le phantom2+zenmuse 3 axes représente un sommet de ce que j’aurais pu espérer pour un prix somme toute modique au regard des résultats. Et je ne doute pas que d’ici la fin de l’année, le marché et DJI en particulier sauront nous proposer des nouveautés encore plus alléchantes.

  3. On voit maintenant se séparer deux courants :

    * un “vertueux et réglo” qui prône le respect de la loi, des conditions de sécurité (et donc du bon sens), et qui est finalement le seul garant d’un développement assuré de ce loisir,

    * un autre plus “freerider” autour du FPV, pour qui ce loisir est un fin en soi, hélas régulièrement au détriment de la loi et/ou de la sécurité.

    Helicomicro fait clairement partie du premier. Il suffit de voir ce qui s’est passé en Espagne pour comprendre qu’on danse sur un fil, mais ça n’empêche pas par exemple un site français pro-FPV de vendre du matos pour voler de nuit, alors que c’est clairement interdit… Ça n’incite pas explicitement au délit mais ça fournit le matériel pour.

    Ca me fait un peu penser au monde la moto : il y a finalement peu de motards qui déconnent mais cette minorité participe à 100 % à l’image peu reluisante des 2 roues motorisés.

  4. Ce système a des limites car la personne qui teste ce produit, au vue de ces pas sur la vidéo, a une démarche comme ci il marchait sur des oeufs pour éviter les tremblements alors qu’il ne devrait pas, c’est le reflex des caméramans sans stablisateurs.

    Ces limites ont les aperçoient quant il court sur la plage (vidéo à 1:49),
    le stablisateur du support et le stabilisateur optique de l’apn ne suivent pas, et sans savoir si il n’y a pas eu de stabilisation logicielle. Bon , ok , je chipote. 🙂

    J’avoue que ce système est quand même moins encombrant que ce qui se faisait dans le temps: http://www.gramton.com/stabilisateur-camera-avec-harnais-systeme-a-double-bras-charge-6-15kg.html

    En tout cas, il ressemble fort étrangement à ces modèles là sauf pour le prix peut être:
    http://www.freeflysystems.com/products.php

  5. Tu parles assez juste Mister Planchon mais je crois que la majorité des pilotes drones amateurs (qu’ils viennent ou pas de l’aéromodélisme) qui font de “l’image aérienne” (ce qui veut tout dire et rien dire… je m’en explique un peu plus bas en me rapprochant de ce que tu dis toi même) n’ont que très peu, pour ne pas dire pas du tout, de notions de ce qu’est une image, de son sens, de son écriture ou de sa lecture et ils en ont encore moins à cirer de savoir qui a inventé le steady…

    Ils prennent leur pied à faire des images, plus ou moins belles mais peu importe, ils ne cherchent pas à raconter une histoire, à faire UNE image mais DE l’mage… ils cherchent au pire une petite notoriété aussi éphémère que l’air du temps en montrant leurs “prouesses” sur un site quelconque, au mieux faire croire comme le “gamin” de Nancy que la boîte qu’il a créée est à l’orée d’une bel avenir grâce à son coup de “pub” qui s’appuie sur une image de m… (aucun sens narratif, Go Pro mal réglée, mouvements à chier, etc…)

    Tout cela est normal dans le contexte découverte du moment et ça se calmera… ou pas.

    L’image, effectivement, c’est autre chose… Ce n’est pas juste, comme le yaourt sur-vendu, avec de vrais morceaux de fruit dedans, un cadre avec un ou plusieurs “trucs” qui bougent dedans…

    Une image à un sens, une écriture, elle raconte quelque chose, elle nous prend par la main pour nous entrainer vers une idée, une réflexion, une pensée, un autre pas, une autre image et que sais-je encore…

    Elle est juste l’illusion qui éclaire le réel, une subjectivité qui permet de voir, derrière la première lecture de l’objet qui est face à nous, une autre dimension de celui-ci.

    Une sorte de miroir à 2 faces, comme dans les contes, qui permet de passer dans les autres dimensions de la réalité (comme la peinture).

    Quant à l’image faite en drone à la portée de tous, s’il faut en plus lui donner aussi de la sunstance… 😉 Comme les camescopes grand public ont permis à tout un chacun de faire des images, le drone caméra permet à certains de croire que tout cela est bien facile et que c’est, après tout, à la portée de tous.

    Il faut juste avoir fait la formation de télé-pilote en Prise de Vues la plus basique qui soit (sur 3 ou 5 jours) pour savoir que c’est un travail de dingue, des entrainements de plusieurs semaines ou mois avant d’arriver à répéter parfaitement ses mouvements, savoir gérer ses vols en fonction des plans à faire, réussir à associer un mouvement fluide sur 3 axes, tourner (filmer) en intérieur (sans assistance GPS ou Car Free), arriver à former un bon duo en parfaite osmose avec son cadreur qui s’occupe de la nacelle, etc, etc… il n’y a jamais jamais, au grand jamais deux plans identiques réalisés dans des conditions identiques (le meilleur télé-pilote du monde ne pourra jamais répéter 2 fois de suite le mouvement à l’identique pour faire le même plan, ça se joue parfois sur quelques cms mais c’est pas le même plan – on est pas sur des rails…) Et quand on y arrive, il faut en plus avoir quelque chose à raconter !

    Même certains réals n’en savent rien et prennent le drone pour un “nouvel outil amusant” et demande des trucs irréalistes à leurs équipes. Comme le Steady, la Luma, la Grue, la Dolly, le MOVI (qui est de plus en plus copié à des tarifs bien moindres (je suppose) comme ce produit DJI que nous présente Fred – Merci Fred !) et bien d’autres machineries, le drone n’est qu’un outil pour un pro… S’il n’a rien à raconter, il ne lui sert pas plus que son chausse pied !

    Partant de là, que les amateurs s’amusent (je ne dis pas du tout “amateur” de façon péjorative) et que les pros, comme avec d’autres outils se distinguent par leur talent effectivement !

  6. Je vois que dans la video que tu mentionnes, il est quelque chose que j’évite : voler à proximité d’une antenne relais téléphonique.
    A cette distance, 2 choses :
    1) risque de forte perturbations électromagnétique pouvant engendrer une perte de signal radio et passage en failsafe. Pendant quelques secondes, tu n’as plus le contrôle et il y a un gros risque de percuter l’antenne.
    2) en faisafe, il faut espérer que la position de départ a bien été mémorisée, sinon, première expérience de flyaway…
    De plus, la position est mémorisée en mémoire flash, avec aussi un trés fort risque d’effacement et/ou modification de la donnée.

  7. Hello Fred, ce commentaire n’a aucun rapport et je m’en excuse d’avance, j’ai un soucis avec un DJI je leur ai renvoyer un RONIN en hollande pour une reparation mais apres un mois de blocage du ronin chez eux, ils me le retourne avec le meme problème… Je crise, la garantie est morte par la boutique, mais il me reste 1 an de garantie constructeur (FPVFOREVER me réclament des sous meme si il est garantie). As tu un contacte en france (ou une piste vers qui je peut me retourner pour gerer ce souci…)

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