Le drone, le volcan et ça passe de justesse !

3
2592

La série « le drone, le volcan » quitte l’Islande pour rejoindre l’ile de la Réunion dans l’océan Indien. Le Piton de la Fournaise est entré en éruption pour la première fois de l’année le vendredi 9 avril 2021 à 19h00 locales. Ca vous dit, un petit voyage au-dessus du cratère et au travers des projections de lave ? C’est ce que vous propose Jonathan Payet, photographe au sol et aérien ! Ses travaux sont à visionner sur le site DroneCopters, ici ! Je lui laisse la parole pour décrire son expérience…

« J’ai fait un vol en hélicoptère afin de me rendre compte de l’ampleur du phénomène. A ce moment-là, deux bouches éruptives sont visibles ! Les projections de lave montent à plus de 70 mètres de hauteur. En fin de journée, je décide de me rendre sur place à pieds et de nuit. Le sentier est balisé aux trois quarts. Le dernier quart non balisé est très escarpé, le relief est très variable et on marche sur de la lave en graton, tranchante et très mobile. Difficile de trouver le meilleur chemin à prendre de nuit, il faut donc aller vers la lumière. Mon expérience du terrain me fait éviter les tunnels de lave dont le plafond instable sous les pieds peut conduire à la chute.

Photos !

Passionné d’images avant tout, je fais quelques clichés de nuit au sol avec mon Sony A7RIII. De retour chez moi, je pense au DJI FPV que j’ai reçu une semaine auparavant. Et ce que je vais l’envoyer là-dedans ? Sachant que j’ai juste fait deux vols tests en réel et que toute mon expérience FPV se limite à du simulateur… Bon, un an de simulateur quand même ! Pas sûr que le DJI Care fonctionne si le drone reste au fond du cratère ! J’ai mon idée en tête : remonter la coulée de lave et traverser les projections. Sauf que c’est plus un mur qui se dresse plutôt que de simples projections. Le débit est réellement important. Je me dis que je vais plutôt traverser le haut des projections dans ce cas. Je consulte le site du SIA pour me renseigner sur cet espace aérien et consulte les NOTAM. La zone est une zone réglementée (R3 – 500 ASFC/1000) donc en drone la réglementation limite la hauteur à 120 mètres. Pas de problème pour l’espace aérien, j’obtiens confirmation auprès de la DSAC-OI.

Une dizaine de jours plus tard…

Je retrouve Bruno, un ami qui m’accompagne sur le site. En route, le temps se dégrade, il y a des éclairs de partout et des pluies torrentielles. On entend à la radio qu’il y a vigilance orage et pluie à cause d’un front froid qui passe actuellement sur l’île de la Réunion. On ne se décourage pas et arrive au parking. Les éclairs nous souhaitent la bienvenue, mais plus de pluie. On hésite, mais on se dit que si le temps se gâte trop on fera demi-tour immédiatement. Finalement la randonnée se fait de jour, on trouve un chemin beaucoup plus praticable, et on met 2 heures à l’aller au lieu des 4 heures de la première fois. On porte chacun 20 kilos de matériel dont drones, appareil photo, objectifs, trépied, nourriture, eau, abris, casque et masque à SO2, frontale, piles, imperméable, vêtements chauds…

Arrivé sur place, il y a du brouillard

On ne fait rien et on attend. Au bout de 20 minutes le temps se dégage ! Je sors directement le DJI FPV, sa radio et le casque V2. Bruno se met près de moi pour surveiller le vol. Il y a au moins 40 km/h de vent et même plus en rafales. La coulée est tellement intense qu’il est impossible de faire des rase-mottes sur les coulées de lave, beaucoup trop chaude. A 10 mètres de hauteur environ, mon drone se fait violemment secouer en passant sur les coulées. Impossible dans ces conditions de réaliser le plan que j’avais en tête. Je me rabats alors sur un dive dans le cratère. Je n’ai que 2 batteries, j’ai intérêt à réfléchir vite à ce que je dois faire.

Le plus gros souci est le vent

Lorsque je dive dans le volcan les gaz à 0 en mode manuel, le vent pousse le drone en avant et finalement le dive ressemble plus à une descente vers l’avant. J’arrive tout de même à viser les gerbes de lave. Je vois des rochers passer de partout dans le casque V2. Il y a de grosses secousses sur le retour vidéo à ce moment-là, dues aux ascendants thermiques. Je me dis que le plan est foutu, car je ne peux pas stabiliser les images avec ReelSteady Go. Puisqu’il est interdit de camper ou bivouaquer sur place, nous repartons après les prises de vues. Il faut 2h30 de randonnée avec des sacs surchargés et de nuit. Nous retrouvons le parking à minuit. Encore 1h30 de route pour moi et 2h30 de route à Bruno pour rentrer. Avec nos attestations dérogatoires professionnelles, évidemment.

Stabilisation DJI RockSteady

Au final et malgré mes craintes, je suis agréablement surpris par la stabilisation de DJI qui a fait un travail impeccable. Les images en 4K 60 fps me permettent de faire de bons ralentis. J’adore ! Le reste des plans se fait avec un drone stabilisé DJI. Je fais le montage sur Final Cut Pro X sur Mac et je le poste sur mon compte Instagram ».

3 COMMENTAIRES

  1. Impressionnant! prise de risque maximum, le quad frôle les gerbes de lave en fusion.
    J’avoue avoir du mal à croire que le mec n’a fait que de la simu et deux batteries test mais dans tout les cas, le résultat est bluffant 👍👍

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.