L’appel d’offres de l’Intérieur pour des drones et des récepteurs wifi

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Le ministère de l’Intérieur français a publié un appel à la concurrence pour l’acquisition de drones avec maintenance et formation. Les demandes concernent 565 « micro-drones du quotidien » pour un budget de 1,8 million d’euros, 66  « drones de capacité nationale » pour 1,58 million d’euros et 20 « nano-drones spécialisés » pour 175 000 euros. L’appel d’offres mentionne aussi 300 « passerelles de réception des trames wifi des drones collaboratifs », pour un budget de 240 000 euros. La date limite de réception des candidatures pour cet accord-cadre est fixée au 19 juin 2020. Quels sont des appareils, dans le détail ?

Les « micro-drones du quotidien » ?

Ce sont des appareils d’observation-surveillance, de recherche, de reconnaissance, de constatation et de renseignement, destinés aux unités les plus variées de la sécurité intérieure, pour un usage simple et fréquent de renvoi d’image, essentiellement de jour. Ce sont des multirotors de moins de 1 kg capables de voler discrètement (à 100 mètres de distance horizontale et verticale), avec des LED désactivables, 25 minutes d’autonomie par batterie, des capteurs d’obstacles dans toutes les directions, une vidéo 4K, un zoom 6X, des NFZ qui puissent être désactivées, une valise de transport. 

Les « drones de capacité nationale » ?

Ils sont également destinés à des missions d’observation-surveillance, de recherche, de reconnaissance, de constatation et de renseignement. Mais ils sont prévus pour être déployés pour des missions de haute intensité, lors d’événements majeurs régionaux ou nationaux, avec des capacités d’observation et de retransmission sécurisées à longue distance de jour comme de nuit. Ce sont des multirotors de moins de 8 kg, discrets à 120 mètres de hauteur et 500 mètres de distance (de l’objectif), avec des LED désactivables, une autonomie de 20 minutes, la possibilité d’un usage filaire (captif), des capteurs d’obstacles dans toutes les directions, la capacité à voler sous la pluie, disposant d’un parachute et d’un coupe-circuit indépendant, de ports pour des accessoires, une vidéo 4K, un zoom 30X, une caméra thermique de 640 x 512 pixels, une portée de 5 km, des NFZ qui puissent être désactivées, une valise de transport. 

Les « nano-drones spécialisés » ?

Ce sont des appareils destiné à d’observation-surveillance, de recherche, de reconnaissance, de constatation et de renseignement, réservés à des unités spécifiques pour des missions de reconnaissance et d’observation discrètes et sécurisées, essentiellement de jour. Ce sont des mono-rotors de moins de 50 grammes, discrets à 50 mètres de distance, avec une autonomie de 25 minutes, des capteurs d’obstacles dans toutes les directions, une vidéo en 640 x 480 pixels avec un zoom 4X, une portée radio et vidéo de 2 km, avec une valise de transport.  

Intéressant, car à ma connaissance, ce cahier des charges ne peut être satisfait qu’avec le matériel de FLIR : les nano hélicoptères Black Hornet. Voilà qui limite singulièrement le choix possible…

Et les « passerelles de réception des trames wifi des drones collaboratifs » ?

Ce sont des boitiers intégrant un (triple) récepteur wifi, un module Bluetooth, un module 3G / 4G avec un emplacement pour carte SIM. Ils sont équipé d’un GPS et d’un lecteur de carte microSD. La batterie intégrée doit assurer une autonomie de 4 heures, et l’appareil doit pouvoir être alimenté en POE via un port RJ45. Le boitier doit être étanche (IP65), résistant aux chocs et fonctionner jusqu’à une température de 0°C. L’électronique doit permettre d’exécuter du code informatique permettant l’extraction et le décodage du payload.

On peut supposer qu’il s’agit des outils de réception du signal électronique à distance qui doit être diffusé par les drones de plus de 800 grammes, en conformité avec la réglementation française initiée par la loi dite « drones » de 2016. Et à terme avec la réglementation européenne lorsqu’elle sera finalisée. Ce qui est étonnant ? Cet appel d’offre est déclenché seulement maintenant, ce qui laisse supposer que le contrôle de la conformité au requis de signalement électronique à distance va prendre encore un peu de retard par rapport au calendrier initial. Il n’y aura que 300 boitiers, dans un premier temps. C’est bien peu pour couvrir le territoire…

Source : Bulletin officiel des annonces des marchés publics

16 COMMENTAIRES

  1. Souveraineté nationale ! Se sera du DJI et du FLIR ! 100% pas Français !
    Car en France, on ne sais pas faire ! Ou tout du moins, on ne nous donne pas les moyens !

  2. +1 @sebiss
    J’ai aussi immédiatement pensé Parrot ! Peut on rêver par les temps qui courent et les promesses de certain… D’un site de production re nationalisé … ?

  3. Pour le lot nano drones, l’appel d’offre aurait pu être simplifié, quand même.
    “On veut un petit truc qui vole, dont le nom commence par Black et finit par Hornet, mettez-nous aussi la maintenance et la formation”. Hop, on aurait évité des tas de documents pdf à créer et à lire.

  4. ça fait quand même plus de 600 appareils volants et 300 récepteurs, cette “frénésie” d’achat serait
    elle en lien avec ce qui se passe en ce moment et le contrôles de la population ?

  5. Pour les amoureux de Parrot, il me semble qu’ils ne font pas de drone avec des caméras X30 et pour des versions plus petites comme l’ANAFY Thermal il manque encore beaucoup de choses comme ne serait-ce que des sortie HDMI sur la télécommande pour la rediffusion et le transfert de l’image.
    Cette grosse demande ou commande ne parvient pas des soucis actuels, mais, d’un travail qui avance doucement depuis longtemps et qui sort en ce moment pour aussi les gros événements qui arrivent très vite.

  6. Si le cahier des charges des nano-drones ne se réduit qu’à une seule marque et un seul modèle possible pour la réponse, c’est anticoncurrentiel et donc interdit par le code des marchés publics. Oups….

  7. On voit bien la fourberie de ce gouvernement autoritaire et policier :
    “leds désactivables “,
    ” NFZ” désactivables’ ,
    “possibilité de brancher des accessoires”…..
    -gare aux vilains manifestants
    ou aux vilains motards
    ou aux vilains télépilotes déjà écrasés par la règlementation

  8. @ Tige : Pour les NFZ je ne suis pas d’accord, pour les secours SP ou SecCiv comment faire pour intervenir si la zone est une NFZ, il faut bien pouvoir les désactiver. Je vois bien un secouriste dire “désolé je ne peux pas apporté mon aide je suis dans une NFZ”.

  9. Bonjour @DUBDUB ,
    tu serais bien surpris si tu veux voler sur le terrain d’ aéromodélisme d’ Agen :
    il est en plein NFZ ! …..Tu trouves ça normal ?

  10. Tient en parlant de notre bon Etat … et de tous ceux qui le composent :
    Aujourd’hui “mention spéciale abruti de base” :
    Un ami (étranger) achète 2 drones pros neufs en France lors de sa venue chez nous, au nom de sa société (étrangère) donc parfaitement en règle, facture, TVA, etc …… jusqu’à la déclaration douane lorsqu’il est reparti …..
    Il arrive chez lui, et pas de bol … un drone tombe en rade et le second chute ! bon ça fait râler mais c’est un pro, il prend contact avec le vendeur en France, emballe ses machines avec tous les papiers, fait une déclaration de sortie de matériel à la douane de son pays et …. Zou …. 2 DHL et 1/2 plus tard, voici les bécanes en France.
    Sauf que ….. un immense intello de la douane lui réclame de payer les droits de douane normalement dus sur l’importation de matos neuf …….. depuis plusieurs jours, il se débat avec ce souci mais rien à faire, les gabelous ne veulent pas lâcher l’affaire ….. tu parles récupérer 6000 balles en truandant un type qui est à 8000 bornes et qui peut plus venir gueuler c’est tellement jouissif !!!
    Il a tous les papiers, la déclaration de sortie de son pays, les factures d’origine, les drones portent des marques d’usure et on voit bien qu’ils ne sont pas neufs …. mais non ça ne suffit pas !!!
    Où s’arrêtera cet immense trou noir de la connerie humaine ….. ???

  11. Cette commande du Ministère de l’ Intérieur est l ‘ exemple -type :
    -ces drones sont destinés à la “surveillance discrète” ( “leds désactivables ” ) ,
    -Un drone civil doit voler avec ses lampes allumées : c’est dans la loi-drone!
    -Un drone ne doit pas voler de nuit : c’est aussi dans la loi !
    -Ils pourront être équipés de haut -parleurs comme on a vu récemment en Chine sur des Mavic
    -certains pourront voler la nuit et surveiller le citoyen-lambda ,
    -d’ autres pourront travailler ” en fixe” reliés au sol : pour surveiller une manif pendant une durée longue. -On a tous vu récemment à la TV des DJI Matrice qui traquaient le motard un peu pressé qui remontait une file de voitures – quand on connait le prix de l’ appareil on se pose des questions…..
    Les pompiers n’ auront aucun des ces aéronefs et les services de secours non plus
    @Laurent , tu parles de la connerie humaine : tu as un bel exemple qui se met en place doucement.

  12. @ Tige : oui je serais peux être surpris de me retrouver dans une NFZ sur un terrain d’aéromodélisme, mais si besoin pour une opération de secours, je pourrais déactivé les NFZ puisque je suis avec un drone d’état.
    La réglementation autorise au Pro le vol de nuit avec des dérogations.
    Travaillé avec un drone en fixe, oui ça se fait déjà et c’est bien plus simple quand on a besoin de surveiller un terrain lors de mission de dé-bombage pour être sur que personne n’est dans la zone d’exclusion avant le destruction.
    Pour la distribution du matériel, le ministère inclut les pompiers et les sauveteurs de la sécurité civile.
    Il ne faut pas voir que la répression.

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