Virginia Tech et la dangerosité des appareils radiocommandés

7
2422

La règlementation de la plupart des pays s’appuie sur un postulat : les drones, et par extension les appareils radiocommandés, présentent un risque pour les personnes en cas de perte de contrôle. Le projet de règlementation européen repose même sur une graduation du risque de blessure. Pourtant aucune étude scientifique n’a pour le moment été menée pour quantifier ce risque ! Comme souvent, les lois ont été écrites sur une base de suppositions.

Virginia Tech

L’université américaine héberge un site de test d’aéronefs sans pilote pour le compte de la FAA (l’équivalent de la DGAC), et un groupe de travail sur les blessures et la biomécanique. On comprend mieux pourquoi l’université a été choisie pour mener des travaux sur la dangerosité des vols au-dessus de personnes. La FAA interdit les vols au-dessus de personnes, à moins de décrocher une autorisation spéciale soumise à conditions. Selon Mark Blanks, le directeur de la division Mid-Atlantic Aiation Parternship de l’université Virgina Tech, pourtant, « le risque de blessure est très faible, particulièrement avec de petits appareils ». Il ajoute que « la plupart des applications [des drones] seraient bien plus efficaces si elles n’étaient pas interdites au-dessus de personnes, si bien sûr il est démontré que c’est sans risque ».

Début des tests

La FAA attend du groupe de travail de l’université des conclusions sur la dangerosité des appareils pour être en mesure de statuer sur les conditions requises pour pratiquer des vols au-dessus de personnes. Les premiers essais concernent des séries d’impacts sur la tête d’un mannequin pratiqués avec un Phantom de DJI. C’est un domaine que maîtrisent bien les professeurs Stefan Duma et Steven Rowson, dont les rapports sont utilisés par l’industrie pour élaborer des standards de sécurité et développer des outils de protection efficaces selon les risques. On leur doit des casques pour le football américain et le hockey.

Les deux axes de recherche

Selon Mark Blanks, il faut « d’abord savoir quel est le risque de blessure, à quel type d’impact on peut être confronté, quelle est leur gravité. Ensuite il faut chercher ce que l’on peut faire pour réduire ce risque ». Le groupe de travail va étudier les chocs par chute, en évaluant le danger selon la masse et la hauteur. Les résultats de ces tests permettront peut-être enfin de mesurer la dangerosité potentielle des appareils en cas de dysfonctionnement. Plus d’informations sur ce groupe de travail ici, sur le site de l’Université Virginia Tech.

Crédits photos : Virgina Tech, Mid-Atlantic Aviation Partnership

7 COMMENTAIRES

  1. Intéressant! Très bonne initiative!
    Il serait temps qu’on arrête de parler dans le vide.
    Il serait également temps qu’on réfléchisse en terme de catégories : un drone professionnel de 25 kg ne produira pas les mêmes dégâts qu’un Phantom, qui lui-même n’aura pas le même impact qu’un Tiny Whoop.
    Dans un monde où le bons sens est employé (qui n’est pas le nôtre), ces différences devraient normalement induire des réponses législatives appropriées.

  2. Cela me rappel une vidéo faite avec un phantom où le gars jetait des fruits et légumes moteurs allumés.
    Notre tête est un peu plus dure qu’une pastèque mais au final l’effet est le même… ça fait mal
    Je suis prêt à parier que l’on va vite changer la catégorie de ce type de drones , en les passant en pro pour limiter les acquéreurs et donc les risques

  3. Quelque soit les tests, on ne peut pas prévoir tous les cas de figure ! Donc toutes les blessures et leur gravité potentielle ! Le législateur optera toujours pour le principe de précaution ! Donc l’interdiction !
    Ceci n’a qu’un intérêt limité si ce n’est de se rapprocher d’une vision réelle des risques encourus !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.