Walkera QR Spacewalker

Voilà donc le 2e engin volant multirotor de la série QR commercialisée par le constructeur Walkera. Il s’agit d’un octocoptère, ce qui signifie qu’il est animé par 8 rotors, rien que ça… Nous l’avons essayé, torturé (un peu), histoire de comprendre de quoi il est capable. Il s’agit d’une évolution du 1er engin, le QR Ladybird, que nous avions testé ici. Son mode de fonctionnement est tellement proche de son petit frère que nous avons choisi de nous concentrer sur les différences entre les deux modèles. D’ailleurs, c’est l’une des premières conclusions de ce test, nous vous conseillons de débuter avec un Ladybird, et de passer au Spacewalker si vous avez besoin d’aller plus loin…

Tour du propriétaire

Autant le Ladybird était amusant, avec un look « léger » à des lieues des cockpits agressifs des micro hélicoptères, autant le design du Spacewalker est moche. D’abord à cause des nombreuses branches terminées par leurs hélices, ensuite parce que le canopy plastique est tout simplement raté. Il représente, mais il faut s’y attarder pour le comprendre, une voiture de course. Si encore il avait adopté une forme capable de donner une indication de la direction de l’appareil ! Mais non, à 1 mètre de distance, on ne voit qu’une forme sans intérêt. Plutôt que Spacewalker, l’appareil aurait du être appelé le Spider : voilà l’animal auquel on pense au premier regard. A la livraison, la boîte de l’appareil donne un coup de chaud : il est livré sous la forme d’un Ladybird… à tel point qu’on file vérifier si le bon de commande indique bien un Spacewalker. L’astuce, c’est que le drone est vendu en kit : il faut installer 4 des branches vous-même. Pas de souci, vous n’aurez pas à sortir le fer à souder, la manipulation est très simple. Chaque branche est repérée par une lettre (de A à H). Il suffit de se reporter à la feuille volante qui tient lieu de documentation, pour savoir où la placer. Ensuite, il faut brancher chaque mini broche dans le connecteur correspondant. Les lettres sont indiquées par des gommettes, il n’y a pas de risque de se tromper. Enfin, et c’est finalement l’étape la plus longue, il faut fixer les branches avec 4 vis. Quatre minuscules vis à placer chacune dans un trou… Rien de compliqué, d’autant que le tournevis est fourni, mais il faut tout de même s’appliquer à viser juste (et c’est petit, petit). Ensuite ? Le Spacewalker est prêt à prendre les airs… A un détail près : il faut vous assurer que la batterie est rechargée.

Puissance !

Pour alimenter les 4 moteurs, Walkera a laissé tomber la batterie 3,7V 25C de 240 mAh, au profit d’un modèle plus conséquent : une 3,7V 20C de 600 mAh ! Elle est fort logiquement plus longue, plus épaisse. Mais le chargeur fourni est le même que celui du Ladybird : il fonctionne sur un connecteur USB, et permet de recharger deux batteries simultanément. Parfait ? Presque. Car une recharge complète de la batterie demande… 2 heures et 25 minutes ! C’est long, très long… Le connecteur blanc, similaire à celui utilisé pour la Ladybird, est réservé à la recharge. Pour le branchement sur le Spacewalker, c’est un connecteur rouge à deux broches. Les deux connecteurs sont donc présents simultanément sur la batterie… La procédure pour faire reconnaître l’appareil à la radiocommande (nous avons utilisé une Devo 7, mais la 2402D du Ladybird fonctionne aussi) est surprenante pour les habitués au modélisme (qui allument leur radio, puis le modèle réduit). Il faut brancher la batterie, allumer la radio, et attendre que la diode du Spacewalker passe au rouge fixe. Il ne reste plus qu’à décoller. Notez que les réglages de la Devo 7 pour que le levier FMD (à droite) permette d’activer le mode « acrobatie »  fonctionnent aussi avec le Spacewalker. Poussez la manette des gaz… et le Spacewalker décolle. Fuse plutôt ! Car il y a quoi être surpris en ayant piloté un Ladybird auparavant, le Spacewalker monte très vite, il faut être doux sur les gaz. La sensation est très agréable ! Les premières évolutions, lentes, montrent que l’appareil évolue de manière quasi-similaire à celle de la Ladybird. En intérieur, on se trouve vite limité par la puissance de l’appareil, et donc cantonné à des stationnaires ou de petites accélérations. Tout l’intérêt de ce drone, c’est d’être « lâché » en extérieur. Car il prend de la vitesse, plus encore que la Ladybird. Signalons un point positif : les bras et leurs moteurs ont été sensiblement modifiés par rapport au Ladybird. La base de chaque moteur est maintenant dotée d’une gomme, similaire à celle d’un crayon de papier à mine extractible. Ce petit détail permet des atterrissages bien plus souples !

Plus « pépère » !

La taille et le poids de l’appareil, 74 grammes avec sa batterie (55 sans) à comparer aux 29 grammes du Ladybird, génèrent une plus grande inertie. Le drone est moins nerveux, mais il accélère plus vite sur la distance, et sa vitesse ascensionnelle impressionne ! La stabilité est exemplaire, même lorsque vous poussez l’appareil au maximum. Attention à l’inertie, le Spacewalker est moins vif pour freiner : cela vous faudra quelques frayeurs lors de vos premiers essais un peu plus sportifs… La batterie assure une autonomie supérieure à celle du Ladybird : comptez environ 10 minutes. Nous avons équipé le Spacewalker de la même caméra de type Keychain que nous avions placée sur le Ladybird ou sur un Blade mQX de Horizon Hobby (voir ici). Le gain en puissance permet d’une part de monter plus vite et plus rapidement, d’autre part de redescendre sans risquer de ne pas pouvoir freiner la chute avant le plancher des vaches. La multiplication des rotors permet une meilleure stabilité, qui assurer une image plus nette et plus agréable. Enfin, la plus grande taille du drone facilite le contrôle à vue lorsque l’engin monte très haut ! Que du bonheur… Attention, l’autonomie ne dépasse pas 4 minutes avec une caméra… Et il faut penser à faire pointer la caméra vers le bas, sous peine de voir le bras avant à au premier plan… Vraiment « pépère » ? Pas vraiment, puisque le mode « acrobatie » est également disponible sur le Spacewalker, il est signalé par une diode verte (rouge en mode normal). Le principe est le même que sur le Ladybird : prenez un peu d’altitude, cabrez l’appareil très rapidement dans une direction (gauche, droite, avant, arrière), il part dans une rotation dont on se rétablit assez facilement… avec un peu d’entrainement. Mais l’inertie de ce modèle requiert de prendre un peu plus d’altitude qu’avec le Ladybird, et rend très hasardeuses les acrobaties en intérieur.

Les défauts ?

L’autonomie est correcte, mais le temps de chargement, nous l’avons vu, est carrément excessif. Pour éviter de patienter 2h30 entre chaque vol, il faudra acquérir des batteries supplémentaires. Il y a finalement peu de différences entre le Spacewalker et le Ladybird en termes de pilotage. Le premier est simplement plus puissant et donc recommandé pour des vols en extérieur. Il se comporte particulièrement bien dans le vent ! L’arrière de l’appareil est indiqué par les 3 hélices de couleur orange. Une fois en vol et un peu éloigné, ces couleurs sont malheureusement totalement invisibles, c’est à vous de mémoriser la direction dans laquelle l’engin pointe… L’un des défauts du Ladybird, à savoir la quasi impossibilité à cabrer l’appareil pendant une rotation (en mode normal), est également présent sur le Spacewalker… Avec toutes ces hélices, on peut supposer que la panne de l’une d’entre elles passe inaperçue et se trouve compensée par les autres. Que nenni. Nous avons retiré l’hélice droite : l’appareil part immédiatement en roulade et ne décolle pas. Cela signifie que vous devrez toujours disposer des 8 moteurs opérationnels pour voler. Le contrôle de stabilité peut être géré avec un potentiomètre situé sur la carte électronique du Spacewalker. Mais dans la pratique, les différents réglages n’ont pas changé grand chose au comportement de l’engin…

En résumé

Ce QR Spacewalker reprend exactement ce qui a fait le succès de la Ladybird : une stabilité exemplaire et un pilotage au centimètre près. Il ajoute une puissance supérieure pour des vols plus agréables en extérieur, et plus de facilité pour embarquer une mini caméra, en limitant les vibrations. Quel dommage que le temps de charge de la batterie soit aussi long ! Si vous débutez avec un quadricoptère, préférez le Ladybird. Mais si vous en voulez plus, ce Spacewalker est un plaisir à faire évoluer ! L’appareil n’est pas donné… et n’était pas encore disponible en France lorsque nous l’avons commandé. Mais on pouvait le trouver en Chine, chez OOmodel.com par exemple. Comptez environ 90 € pour la version BnF (sans radiocommande), un prix auquel il faut rajouter le port et les taxes à l’arrivée en France.

 La vidéo ?

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