DJI Phantom, le test (part 2)

Vous avez sans doute déjà lu la première partie de ce test. Mais si ce n’est pas le cas, ça se passe ici !

La structure entièrement blanche et les quatre hélices assorties de la même couleur ont un défaut, celui de rendre difficile la compréhension de la direction dans laquelle vole le quadricoptère. Dans la boite sont fournis des autocollants rouges que vous pouvez apposer sur les deux bras avant. Mais il faudra surtout vous fier aux diodes du Phantom, qui se trouvent sous l’appareil. Dsc_0084-800Les règles de la navigation aérienne indiquent que les diodes rouges sont sur la gauche des aéronefs (babord) et les diodes vertes à droite (tribord), ce qui permet à un pilote de laisser la priorité s’il voit une lumière rouge. L’automobile utilise quant à elle des phares blancs à l’avant et rouge à l’arrière. Le constat ? Peu importent bien les règles internationales et séculaires, DJI n’en a fait qu’à sa tête. Car les deux bras avant sont équipés d’une diode rouge, alors que les deux à l’arrière sont en vert. Bizarre, et il faut s’habituer à ce choix. Le constructeur se rattrape avec une aide au positionnement dans l’espace… L’interrupteur sur la gauche de la radiocommande sert à contrôler la manière dont vous pilotez le Phantom par rapport à son orientation. DJI appelle cela l’IOC (Intelligent Orientation Control). Quelques explications sont nécessaires. En position « OFF », l’avant du Phantom est toujours la partie matérialisée par sa trappe de batterie. Donc si vous volez avec l’avant qui pointe vers vous, les commandes droite et gauche (rotation et translation) sont inversées. C’est tout le challenge du pilote en herbe : savoir voler aussi bien avec son appareil de face, de dos, de côté (et même à l’envers pour les hélicoptères 3D). Lorsque vous placez l’interrupteur sur « HL », ce qui signifie « Home Lock », le Phantom ira toujours devant vous lorsque vous lui direz d’aller vers l’avant. Même s’il est retourné à 180°, ou tourné à 90°.

Conseiller d’orientation

Ce mode est bien pratique pour les débutants. Mais pas uniquement, il est salvateur lorsque vous pilotez à la limite de votre vue. Pas la peine de savoir dans quelle direction il est orienté, il suffit de tirer la manette pour lui dire de reculer, il reviendra vers vous ! Notez que si vous lui demandez de faire une glissade (translation) vers la droite ou la gauche, il réalisera un arc de cercle autour de vous puisque vous êtes le centre du système autour duquel il évolue. Dsc_0030-800Pas de panique, les explications sont beaucoup plus compliquées que le pilotage dans la réalité ! La position « CL », qui signifie « Course Lock » bloque la direction de l’appareil au moment où vous actionnez l’interrupteur. Si le Phantom était en train de revenir vers vous, nez face à vous, l’avant sera toujours orienté vers vous quelque soit l’orientation de l’engin. Cette méthode de pilotage est assez bizarre à l’usage… Notez que le Phantom doit être éloigné de vous d’une bonne dizaine de mètres pour que les modes « HL » et « CL » soient opérationnels. Il faut aussi que le compas et le GPS soient en bon ordre de marche. Et que se passe-t-il lorsque les signaux GPS sont perdus ? Le pilotage assisté est tout simplement débranché. Ce qui surprend probablement désagréablement. Notez que cette mésaventure ne nous est jamais arrivée !

Courageux

Mais pas téméraire… Nous n’avons pas testé toutes les fonctions du Phantom. Deux d’entre elles sont le FailSafe et le RTH. Souvenez-vous, lors du branchement de la batterie, le Phantom indique par une série de clignotements de la diode en vert qu’il a mémorisé sa position GPS. Imaginons que vous soyez en train de voler, et que vous perdiez la connexion entre la radio et l’appareil. Soit parce que les piles de la radio lâchent, soit parce que vous avez dépassé la portée maximale de la radio (300 mètres environ). Dsc_0072-800Si le Phantom connaît les coordonnées GPS de son point de départ, il déclenche la fonction RTH, « Return To Home ». Retour à la maison, en français. Il monte (ou descend) pour se positionner à une altitude de 20 mètres environ (c’est celle qui a été considérée comme la plus probable pour éviter des obstacles par DJI), revient automatiquement à la position de départ, puis entame une descente au sol pour se poser sans encombre. S’il ne dispose pas de sa position GPS, il se pose directement là où il se trouve. Est-ce que ça fonctionne dans la pratique ? Nous n’avons pas risqué de le faire en provoquant un incident, en éteignant la radio par exemple. Mais des pilotes de Phantom nous ont rapporté un fonctionnement parfait lorsqu’ils ont été confrontés à cette situation. Regrettons d’ailleurs que ni l’atterrissage automatique ni la fonction RTH ne puissent être déclenchées depuis la radiocommande ! Si la batterie du Phantom devient faible, la diode clignote en rouge : il est temps de vous poser. Si vous êtes trop loin et que vous ne voyez pas cette diode, le Phantom entamera un atterrissage de type FailSafe avant que la batterie ne rende complètement l’âme. Nous avons en revanche expérimenté cette fonction sans le vouloir : elle fonctionne à la perfection ! DJI indique une durée de vol de 12 à 15 minutes. Des chiffres un peu optimistes. Nous avons atteint 12 minutes à peine sans surcharge. Avec une caméra GoPro 2, nous avons volé sans encombre pendant 9 minutes et 20 secondes, avec un atterrissage forcé à 10 minutes et 40 secondes. Il faudra donc investir dans des batteries supplémentaires pour profiter plus longtemps du Phantom…

Logiciel…

phantomassistant4Le Phantom est pilotable sans aucun autre réglage que celui du calibrage du compas. Mais si vous voulez aller plus loin et modifier son comportement, DJI fournit un logiciel pour accéder aux réglages avancés. Il suffit de connecter le Phantom à votre PC via le câble USB qui se trouve dans la trappe de la batterie. Une rallonge USB est fournie dans la boîte pour faciliter le branchement. Le logiciel permet de régler la sensibilité des commandes, de calibrer les manettes de la radiocommande, de choisir quels actions associer aux interrupteurs, le comportement en cas de perte de connexion radio (atterrissage ou retour au point de départ), de mémoriser la configuration. Intéressant et fort pratique, et même de gérer le contrôle d’un futur Gimbal (un support pour caméra piloté à distance). Pratique. Mais une fois encore en anglais (ou en chinois, si vous le préférez). Regrettons aussi que certains réglages ne soient pas possibles. Par exemple, impossible de choisir l’association de commandes sur l’interrupteur de gauche…

Et avec une caméra ?

Selon DJI, le Phantom est prévu pour voler avec un poids qui atteint 1000 grammes (1 kilo) tout compris. Faisons le compte. Le Phantom nu et sans batterie pèse 630 grammes (les valeurs qui suivent sont arrondies au gramme supérieur). La batterie ajoute 173 grammes. Le Phantom à vide au décollage pèse par conséquent 803 grammes. Dsc_0010-800Il est possible de l’équiper d’un matériel supplémentaire de 197 grammes. Au-delà, son comportement devient instable. Le support pour GoPro atteint 24 grammes, et la GoPro Hero 2 elle-même 98 grammes. Le décollage avec une GoPro 2 est donc à 925 grammes. Pas de souci pour le Phantom, qui vole parfaitement… Notez que vous pouvez partir à la chasse aux grammes. La molette et le boulon qui maintiennent le support GoPro de DJI, par exemple, pèsent 24 grammes. La paire en aluminium qui équipe le boîtier étanche de GoPro 2 ne pèse que 10 grammes : il suffit de faire l’échange et voilà 14 grammes de gagnés, nous sommes à 911 grammes ! Pour filmer en sécurité, c’est-à-dire avec le boîtier étanche de GoPro  2 (73 grammes), le Phantom part donc avec un poids de 630 + 173 + 98 + 10 + 73 = 984 grammes. Ca vole encore !

Et en immersion ?

Dsc_0095-800La limite des 1000 grammes est plus significative lorsque vous devez embarquer, en plus de la caméra, un système de transmission de la vidéo vers le sol. Nous avons essayé avec un émetteur 5,8 GHz de 25 mW, une antenne bâton, une batterie et un câble pour GoPro 2, qui représentent un surpoids de 86 grammes. Donc 630 + 173 + 98 + 24 + 86 = 1011  grammes. Nous voilà juste au-dessus du poids conseillé. Ca vole encore ! Mais la lourdeur se ressent si on change l’émetteur de 25 mW par un modèle plus puissant de 500 mW avec son ventilateur intégré (114 grammes au lieu de 86). Ce ne sont que 28 grammes qui les séparent, pourtant. Une autre solution consiste à remplacer les 98 grammes de la GoPro par une caméra plus légère comme la 808 #16 HD FPV (testée ici). Alors, voler en immersion avec le Phantom, c’est comment ? La stabilité exemplaire de l’appareil est un bonheur pour évoluer sans se préoccuper de conserver l’assiette. Il suffit de lâcher les commandes de la radio pour que l’engin s’arrête de bouger et adopte un vol stationnaire très rassurant. La motorisation est suffisante pour partir vite et loin… mais pas trop : il faut garder en tête la limite des 300 mètres (qu’on oublie facilement si la liaison vidéo est correcte). L’assistance GPS (GPS ATTI) est idéale en vol FPV, mais les blocages du cap (CL et HL) sont à proscrire puisqu’ils ne permettent plus de contrôler le vol comme si on était assis à la place du pilote.

Des petits défauts (et leurs solutions)

La simplification du comportement du Phantom par rapport à des engins de chez DJI est une excellente nouvelle pour tous ceux qui n’ont pas envie de se compliquer la vie avec des réglages à n’en plus finir. Mais du coup, difficile de modifier le comportement de l’appareil au-delà de ce que propose le constructeur. Les passionnés ont déjà tenté de remplacer les hélices d’origine par d’autres plus performantes. Mais il faut alors exceller dans un sport : l’équilibrage des hélices. Dsc_0013-800En faisant simple, il faut placer chaque hélice sur un axe et vérifier que le poids des deux pales est le même. Et apporter des corrections s’il y a lieu de le faire. L’équilibrage permet d’éviter en partie un autre défaut, constaté lorsqu’on filme avec une caméra : l’effet « Jello ». Il caractérise une image qui vibre, un peu comme le dessert anglais, la « jelly » (qui a peut-être hanté vos cauchemars d’adolescent en voyage scolaire en Angleterre). Cet effet Jello est particulièrement sensible lorsqu’on oriente une caméra GoPro vers le sol, à partir de 45°. Il disparait presque lorsque la caméra est horizontale. Des habitués des vidéos aériennes ont d’ores et déjà montré des solutions pour réduire les vibrations basées sur des amortisseurs pour supports de caméras. Tant que le Phantom n’a pas subi de crash ou de choc, que les hélices sont en bon état, sachez-le, les vibrations sont très peu perceptibles avec une caméra. La portée du module radio, 300 mètres, est un peu juste. C’est largement suffisant pour le perdre de vue, mais pas assez pour qui a envie de le faire voler loin ! (d’autant que le Phantom est prévu pour rentrer tout seul quand la liaison radio est perdue). Voilà sans doute l’un des principaux défauts de l’appareil pour les pilotes qui désirent l’utiliser pour voler en immersion. Mais des passionnés ont retiré le module 2,4 GHz de DJI pour le remplacer par un autre plus performant (Futaba) et gagner en portée.

D’autres petits défauts (et leurs solutions)

L’autonomie assurée par la batterie est un peu juste. Sachez que des passionnés placent deux batteries sur le Phantom, l’une dans son logement et l’autre sous l’appareil, reliées par un câble en Y, pour une autonomie doublée. C’est-à-dire près de 15 minutes. Mais le tout atteint 976 grammes, il ne reste plus grand-chose pour une caméra (sauf peut-être les 18 grammes de la 808 #16 HD FPV). Nous l’avons vu aussi précédemment, il est dommage de ne pas pouvoir déclencher « proprement » un atterrissage automatique ou un retour à la position de départ en pilotage automatique. Dsc_0035-800Il faut pour cela éteindre la radio… ce qui n’est pas vraiment une pratique à encourager. Mais tout espoir n’est pas perdu, puisque l’assistant logiciel est théoriquement capable d’associer un comportement aux quelques interrupteurs de la radiocommande. C’est le cas du mode « Manuel » (sans assistance au pilotage) qui est désactivé par défaut, mais que vous pouvez associer à l’interrupteur de droite. Il suffit donc que DJI décide de rendre ces deux fonctions disponibles… Notez que plusieurs utilisateurs ont fait l’expérience d’un module compas déréglé et inopérant, qui les empêchaient de profiter du pilotage assisté. Ce petit composant est placé le long de l’un des tubes du train d’atterrissage. Il se trouve qu’il est ultrasensible aux champs magnétiques, à tel point que le contact avec un aimant, aussi faible soit-il, peut suffire à le dérégler définitivement. Les utilisateurs en question avaient tous employé un tournevis aimanté : attention, cette mésaventure peut très facilement arriver. La pièce, fort heureusement, ne coûte pas plus de 15 €. Mieux vaut en avoir un sous la main. Certains utilisateurs ont réussi à remettre en route le compas en faisant tourner un aimant autour de lui. Si cela vous arrive, essayez ! Regrettons aussi que les fonctions avancées de certains modèles DJI ne soient pas proposées avec le Phantom, comme par exemple la préparation d’itinéraires basés sur des “waypoints” (des étapes identifiées par leurs coordonnées GPS) pour que l’appareil se balade tout seul…

En résumé ?

Dsc_0028-800Nous avons adoré ce quadricoptère d’un nouveau genre, qui méritait bien un test en longueur. Oubliées, les bidouilles sans fin. Terminés, les réglages qui n’aboutissent jamais tout à fait. Cet engin est prêt à voler, assiste le pilote pour assurer des évolutions souples et sans stress. Un bonheur pour tous ceux qui préfèrent piloter plutôt que passer du temps au sol à faire le mécano. Le tableau serait idyllique si on pouvait occulter son prix. Car là, en revanche, ça fait mal : comptez 589 € pour acquérir la bête. C’est un budget conséquent, que l’on a forcément en tête au premier décollage. Mais le Phantom vaut son prix, malgré ses petits défauts : il est livré complet et opérationnel…

Nous l’avons acheté chez Futurheli. Pourquoi ? Parce qu’à la différence de ses concurrents, ce vendeur propose l’appareil livré avec la radiocommande au choix en mode 1 ou en mode 2 – vous n’avez pas besoin de l’ouvrir, tout est prêt.

La page officielle du constructeur DJI se trouve ici.

La vidéo

De petites séquences filmées depuis le Phantom avec une caméra GoPro Hero 2 fixée avec le support fourni par DJI, sans efforts pour la réduction des vibrations.

Quelques photos supplémentaires

Dsc_0036-800 Dsc_0016-800 Dsc_0011-800 Dsc_0041-800 Dsc_0037-800 Dsc_0042-800 Dsc_0047-800 phantomassistant3 phantomassistant2 phantomassistant1Vous avez sans doute déjà lu la première partie de ce test. Mais si ce n’est pas le cas, ça se passe ici !

La structure entièrement blanche et les quatre hélices assorties de la même couleur ont un défaut, celui de rendre difficile la compréhension de la direction dans laquelle vole le quadricoptère. Dans la boite sont fournis des autocollants rouges que vous pouvez apposer sur les deux bras avant. Mais il faudra surtout vous fier aux diodes du Phantom, qui se trouvent sous l’appareil. Dsc_0084-800Les règles de la navigation aérienne indiquent que les diodes rouges sont sur la gauche des aéronefs (babord) et les diodes vertes à droite (tribord), ce qui permet à un pilote de laisser la priorité s’il voit une lumière rouge. L’automobile utilise quant à elle des phares blancs à l’avant et rouge à l’arrière. Le constat ? Peu importent bien les règles internationales et séculaires, DJI n’en a fait qu’à sa tête. Car les deux bras avant sont équipés d’une diode rouge, alors que les deux à l’arrière sont en vert. Bizarre, et il faut s’habituer à ce choix. Le constructeur se rattrape avec une aide au positionnement dans l’espace… L’interrupteur sur la gauche de la radiocommande sert à contrôler la manière dont vous pilotez le Phantom par rapport à son orientation. DJI appelle cela l’IOC (Intelligent Orientation Control). Quelques explications sont nécessaires. En position « OFF », l’avant du Phantom est toujours la partie matérialisée par sa trappe de batterie. Donc si vous volez avec l’avant qui pointe vers vous, les commandes droite et gauche (rotation et translation) sont inversées. C’est tout le challenge du pilote en herbe : savoir voler aussi bien avec son appareil de face, de dos, de côté (et même à l’envers pour les hélicoptères 3D). Lorsque vous placez l’interrupteur sur « HL », ce qui signifie « Home Lock », le Phantom ira toujours devant vous lorsque vous lui direz d’aller vers l’avant. Même s’il est retourné à 180°, ou tourné à 90°.

Conseiller d’orientation

Ce mode est bien pratique pour les débutants. Mais pas uniquement, il est salvateur lorsque vous pilotez à la limite de votre vue. Pas la peine de savoir dans quelle direction il est orienté, il suffit de tirer la manette pour lui dire de reculer, il reviendra vers vous ! Notez que si vous lui demandez de faire une glissade (translation) vers la droite ou la gauche, il réalisera un arc de cercle autour de vous puisque vous êtes le centre du système autour duquel il évolue. Dsc_0030-800Pas de panique, les explications sont beaucoup plus compliquées que le pilotage dans la réalité ! La position « CL », qui signifie « Course Lock » bloque la direction de l’appareil au moment où vous actionnez l’interrupteur. Si le Phantom était en train de revenir vers vous, nez face à vous, l’avant sera toujours orienté vers vous quelque soit l’orientation de l’engin. Cette méthode de pilotage est assez bizarre à l’usage… Notez que le Phantom doit être éloigné de vous d’une bonne dizaine de mètres pour que les modes « HL » et « CL » soient opérationnels. Il faut aussi que le compas et le GPS soient en bon ordre de marche. Et que se passe-t-il lorsque les signaux GPS sont perdus ? Le pilotage assisté est tout simplement débranché. Ce qui surprend probablement désagréablement. Notez que cette mésaventure ne nous est jamais arrivée !

Courageux

Mais pas téméraire… Nous n’avons pas testé toutes les fonctions du Phantom. Deux d’entre elles sont le FailSafe et le RTH. Souvenez-vous, lors du branchement de la batterie, le Phantom indique par une série de clignotements de la diode en vert qu’il a mémorisé sa position GPS. Imaginons que vous soyez en train de voler, et que vous perdiez la connexion entre la radio et l’appareil. Soit parce que les piles de la radio lâchent, soit parce que vous avez dépassé la portée maximale de la radio (300 mètres environ). Dsc_0072-800Si le Phantom connaît les coordonnées GPS de son point de départ, il déclenche la fonction RTH, « Return To Home ». Retour à la maison, en français. Il monte (ou descend) pour se positionner à une altitude de 20 mètres environ (c’est celle qui a été considérée comme la plus probable pour éviter des obstacles par DJI), revient automatiquement à la position de départ, puis entame une descente au sol pour se poser sans encombre. S’il ne dispose pas de sa position GPS, il se pose directement là où il se trouve. Est-ce que ça fonctionne dans la pratique ? Nous n’avons pas risqué de le faire en provoquant un incident, en éteignant la radio par exemple. Mais des pilotes de Phantom nous ont rapporté un fonctionnement parfait lorsqu’ils ont été confrontés à cette situation. Regrettons d’ailleurs que ni l’atterrissage automatique ni la fonction RTH ne puissent être déclenchées depuis la radiocommande ! Edit : c’est possible depuis plusieurs versions du firmware et du logiciel Naza Assistant. Il faut connecter le Phantom et votre PC pour aller choisir ce que vous voulez associer à la troisième position de l’interrupteur GPS / ATTI. Soit le mode manuel, soit le Failsafe (en posé simple ou en retour à la position initiale). Si la batterie du Phantom devient faible, la diode clignote en rouge : il est temps de vous poser. Si vous êtes trop loin et que vous ne voyez pas cette diode, le Phantom entamera un atterrissage de type FailSafe avant que la batterie ne rende complètement l’âme. Nous avons en revanche expérimenté cette fonction sans le vouloir : elle fonctionne à la perfection ! DJI indique une durée de vol de 12 à 15 minutes. Des chiffres un peu optimistes. Nous avons atteint 12 minutes à peine sans surcharge. Avec une caméra GoPro 2, nous avons volé sans encombre pendant 9 minutes et 20 secondes, avec un atterrissage forcé à 10 minutes et 40 secondes. Il faudra donc investir dans des batteries supplémentaires pour profiter plus longtemps du Phantom…

Logiciel…

phantomassistant4Le Phantom est pilotable sans aucun autre réglage que celui du calibrage du compas. Mais si vous voulez aller plus loin et modifier son comportement, DJI fournit un logiciel pour accéder aux réglages avancés. Il suffit de connecter le Phantom à votre PC via le câble USB qui se trouve dans la trappe de la batterie. Une rallonge USB est fournie dans la boîte pour faciliter le branchement. Le logiciel permet de régler la sensibilité des commandes, de calibrer les manettes de la radiocommande, de choisir quels actions associer aux interrupteurs, le comportement en cas de perte de connexion radio (atterrissage ou retour au point de départ), de mémoriser la configuration. Intéressant et fort pratique, et même de gérer le contrôle d’un futur Gimbal (un support pour caméra piloté à distance). Pratique. Mais une fois encore en anglais (ou en chinois, si vous le préférez). Regrettons aussi que certains réglages ne soient pas possibles. Par exemple, impossible de choisir l’association de commandes sur l’interrupteur de gauche…

Et avec une caméra ?

Selon DJI, le Phantom est prévu pour voler avec un poids qui atteint 1000 grammes (1 kilo) tout compris. Faisons le compte. Le Phantom nu et sans batterie pèse 630 grammes (les valeurs qui suivent sont arrondies au gramme supérieur). La batterie ajoute 173 grammes. Le Phantom à vide au décollage pèse par conséquent 803 grammes. Dsc_0010-800Il est possible de l’équiper d’un matériel supplémentaire de 197 grammes. Au-delà, son comportement devient instable. Le support pour GoPro atteint 24 grammes, et la GoPro Hero 2 elle-même 98 grammes. Le décollage avec une GoPro 2 est donc à 925 grammes. Pas de souci pour le Phantom, qui vole parfaitement… Notez que vous pouvez partir à la chasse aux grammes. La molette et le boulon qui maintiennent le support GoPro de DJI, par exemple, pèsent 24 grammes. La paire en aluminium qui équipe le boîtier étanche de GoPro 2 ne pèse que 10 grammes : il suffit de faire l’échange et voilà 14 grammes de gagnés, nous sommes à 911 grammes ! Pour filmer en sécurité, c’est-à-dire avec le boîtier étanche de GoPro  2 (73 grammes), le Phantom part donc avec un poids de 630 + 173 + 98 + 10 + 73 = 984 grammes. Ca vole encore !

Et en immersion ?

Dsc_0095-800La limite des 1000 grammes est plus significative lorsque vous devez embarquer, en plus de la caméra, un système de transmission de la vidéo vers le sol. Nous avons essayé avec un émetteur 5,8 GHz de 25 mW, une antenne bâton, une batterie et un câble pour GoPro 2, qui représentent un surpoids de 86 grammes. Donc 630 + 173 + 98 + 24 + 86 = 1011  grammes. Nous voilà juste au-dessus du poids conseillé. Ca vole encore ! Mais la lourdeur se ressent si on change l’émetteur de 25 mW par un modèle plus puissant de 500 mW avec son ventilateur intégré (114 grammes au lieu de 86). Ce ne sont que 28 grammes qui les séparent, pourtant. Une autre solution consiste à remplacer les 98 grammes de la GoPro par une caméra plus légère comme la 808 #16 HD FPV (testée ici). Alors, voler en immersion avec le Phantom, c’est comment ? La stabilité exemplaire de l’appareil est un bonheur pour évoluer sans se préoccuper de conserver l’assiette. Il suffit de lâcher les commandes de la radio pour que l’engin s’arrête de bouger et adopte un vol stationnaire très rassurant. La motorisation est suffisante pour partir vite et loin… mais pas trop : il faut garder en tête la limite des 300 mètres (qu’on oublie facilement si la liaison vidéo est correcte). L’assistance GPS (GPS ATTI) est idéale en vol FPV, mais les blocages du cap (CL et HL) sont à proscrire puisqu’ils ne permettent plus de contrôler le vol comme si on était assis à la place du pilote.

Des petits défauts (et leurs solutions)

La simplification du comportement du Phantom par rapport à des engins de chez DJI est une excellente nouvelle pour tous ceux qui n’ont pas envie de se compliquer la vie avec des réglages à n’en plus finir. Mais du coup, difficile de modifier le comportement de l’appareil au-delà de ce que propose le constructeur. Les passionnés ont déjà tenté de remplacer les hélices d’origine par d’autres plus performantes. Mais il faut alors exceller dans un sport : l’équilibrage des hélices. Dsc_0013-800En faisant simple, il faut placer chaque hélice sur un axe et vérifier que le poids des deux pales est le même. Et apporter des corrections s’il y a lieu de le faire. L’équilibrage permet d’éviter en partie un autre défaut, constaté lorsqu’on filme avec une caméra : l’effet « Jello ». Il caractérise une image qui vibre, un peu comme le dessert anglais, la « jelly » (qui a peut-être hanté vos cauchemars d’adolescent en voyage scolaire en Angleterre). Cet effet Jello est particulièrement sensible lorsqu’on oriente une caméra GoPro vers le sol, à partir de 45°. Il disparait presque lorsque la caméra est horizontale. Des habitués des vidéos aériennes ont d’ores et déjà montré des solutions pour réduire les vibrations basées sur des amortisseurs pour supports de caméras. Tant que le Phantom n’a pas subi de crash ou de choc, que les hélices sont en bon état, sachez-le, les vibrations sont très peu perceptibles avec une caméra. La portée du module radio, 300 mètres, est un peu juste. C’est largement suffisant pour le perdre de vue, mais pas assez pour qui a envie de le faire voler loin ! (d’autant que le Phantom est prévu pour rentrer tout seul quand la liaison radio est perdue). Voilà sans doute l’un des principaux défauts de l’appareil pour les pilotes qui désirent l’utiliser pour voler en immersion. Mais des passionnés ont retiré le module 2,4 GHz de DJI pour le remplacer par un autre plus performant (Futaba) et gagner en portée.

D’autres petits défauts (et leurs solutions)

L’autonomie assurée par la batterie est un peu juste. Sachez que des passionnés placent deux batteries sur le Phantom, l’une dans son logement et l’autre sous l’appareil, reliées par un câble en Y, pour une autonomie doublée. C’est-à-dire près de 15 minutes. Mais le tout atteint 976 grammes, il ne reste plus grand-chose pour une caméra (sauf peut-être les 18 grammes de la 808 #16 HD FPV). Nous l’avons vu aussi précédemment, il est dommage de ne pas pouvoir déclencher « proprement » un atterrissage automatique ou un retour à la position de départ en pilotage automatique. Dsc_0035-800Il faut pour cela éteindre la radio… ce qui n’est pas vraiment une pratique à encourager. Mais tout espoir n’est pas perdu, puisque l’assistant logiciel est théoriquement capable d’associer un comportement aux quelques interrupteurs de la radiocommande. C’est le cas du mode « Manuel » (sans assistance au pilotage) qui est désactivé par défaut, mais que vous pouvez associer à l’interrupteur de droite. Il suffit donc que DJI décide de rendre ces deux fonctions disponibles… Notez que plusieurs utilisateurs ont fait l’expérience d’un module compas déréglé et inopérant, qui les empêchaient de profiter du pilotage assisté. Ce petit composant est placé le long de l’un des tubes du train d’atterrissage. Il se trouve qu’il est ultrasensible aux champs magnétiques, à tel point que le contact avec un aimant, aussi faible soit-il, peut suffire à le dérégler définitivement. Les utilisateurs en question avaient tous employé un tournevis aimanté : attention, cette mésaventure peut très facilement arriver. La pièce, fort heureusement, ne coûte pas plus de 15 €. Mieux vaut en avoir un sous la main. Certains utilisateurs ont réussi à remettre en route le compas en faisant tourner un aimant autour de lui. Si cela vous arrive, essayez ! Regrettons aussi que les fonctions avancées de certains modèles DJI ne soient pas proposées avec le Phantom, comme par exemple la préparation d’itinéraires basés sur des “waypoints” (des étapes identifiées par leurs coordonnées GPS) pour que l’appareil se balade tout seul…

En résumé ?

Dsc_0028-800Nous avons adoré ce quadricoptère d’un nouveau genre, qui méritait bien un test en longueur. Oubliées, les bidouilles sans fin. Terminés, les réglages qui n’aboutissent jamais tout à fait. Cet engin est prêt à voler, assiste le pilote pour assurer des évolutions souples et sans stress. Un bonheur pour tous ceux qui préfèrent piloter plutôt que passer du temps au sol à faire le mécano. Le tableau serait idyllique si on pouvait occulter son prix. Car là, en revanche, ça fait mal : comptez 589 € pour acquérir la bête. C’est un budget conséquent, que l’on a forcément en tête au premier décollage. Mais le Phantom vaut son prix, malgré ses petits défauts : il est livré complet et opérationnel…

Note : le Phantom est désormais commercialisé à 419 € (voir ici) !

Nous l’avons acheté chez Futurheli. Pourquoi ? Parce qu’à la différence de ses concurrents, ce vendeur propose l’appareil livré avec la radiocommande au choix en mode 1 ou en mode 2 – vous n’avez pas besoin de l’ouvrir, tout est prêt.

La page officielle du constructeur DJI se trouve ici.

La vidéo

De petites séquences filmées depuis le Phantom avec une caméra GoPro Hero 2 fixée avec le support fourni par DJI, sans efforts pour la réduction des vibrations.

Quelques photos supplémentaires

Dsc_0036-800 Dsc_0016-800 Dsc_0011-800 Dsc_0041-800 Dsc_0037-800 Dsc_0042-800 Dsc_0047-800 phantomassistant3 phantomassistant2 phantomassistant1