Avec son cockpit rouge et effilé, sa taille minuscule, ce micro hélicoptère pourrait comme d’autres passer pour un jouet. Ne vous y trompez pas, l’appareil n’est pas à mettre entre toutes les mains, il faut avoir un peu de pratique avec des hélicoptères – birotors par exemple – pour en profiter.
Tour du propriétaire
Le Scorpio 1&10 ne pèse pas plus de 30 grammes, avec sa batterie en place. Ce poids plume le rend ultrasensible aux moindres souffles d’air. En extérieur, il est devient vite incontrôlable, même avec une légère brise. Aucun souci intérieur, mais sachez qu’un courant d’air le balade comme un fétu de paille. L’appareil est presque entièrement en plastique : le cockpit bien sûr, mais aussi l’armature principale, le train d’atterrissage, les pièces en rotation (pignons, roulements, pales, barre de Bell). Seuls la queue, les moteurs, quelques fils et les plus petits pignons sont en métal. Voilà qui n’est assurément pas solide.
Mais la petite taille de l’appareil, 19 cm de diamètre pour le rotor, 20,7 cm de longueur totale, le sauve des incidents majeurs : il peut se crasher dans un obstacle et en ressortir indemne. Le Scorpio 1&10 repose sur le principe d’un mono rotor, avec une stabilité acquise avec l’aide d’une barre de Bell et d’un gyroscope. La rotation de l’hélicoptère est contrôlée par un rotor de queue, animé par un petit moteur. Notez que les contacts sont protégés par une petite protection plastique, qu’il vaudra mieux doubler avec un morceau de scotch, pour éviter les incidents « stupides » en cas de choc avec un meuble. Cet hélicoptère affiche un look proche de celui du Blade Msr de e-flite. Nous allons voir au fil de ce test que les similitudes sont nombreuses…
La batterie, justement, est de taille comparable à celle du micro hélicoptère mono rotor de e-flite : petite et longue, elle est facile à glisser dans la radiocommande pour la recharge, et dans l’hélicoptère pour l’alimenter. Bien qu’elle soit agrémentée d’une flèche et documentée dans le manuel, cette batterie est démunie de détrompeur. Il est donc possible de l’insérer dans le mauvais sens dans l’hélicoptère, sans forcer. Et là, c’est le drame ! car les fils d’alimentation chauffent beaucoup en quelques secondes, au point de faire fondre les gaines, de tordre la batterie, ses contacts, et les plots électriques côté hélico. Voir de la fumée se dégager est mauvais signe : il est trop tard, et nous en avons fait l’amère expérience. Lors du premier branchement, donc, soyez hyper attentif au sens dans lequel vous insérez la batterie.
Vous n’aurez plus aucune hésitation sur les vols suivants. Notez que les languettes permettent de retirer la batterie simplement, sans forcer. Pratique. La charge de la batterie (120 mAh) est assurée par la radiocommande : elle dispose d’un réceptacle à l’arrière, avec un témoin qui s’allume tant que la batterie n’est pas chargée. Vous devez attendre entre 25 et 30 minutes pour que l’accu soit opérationnel. Ensuite, vous profitez de l’appareil pendant 7 minutes à plein régime. A la différence du Blade Msr qui clignote et se pose dès que la batterie faiblit, le Scorpio 1&10 continue à fonctionner après ces 7 minutes, mais la poussée ascensionnelle décline jusqu’à ce que l’hélico ne parvienne plus à monter. Dans ce cas, il faut être raisonnable et interrompre le vol.
La télécommande
Elle est exactement la même sur celle du Eagle Bravo III de Nine Eagles : avec son look de manette de jeu vidéo, elle étonne les habitués des radiocommandes de modèles réduits. Elle fonctionne pourtant en 2,4 GHz (c’est donc une radiocommande et non pas une radiocommande). Mais peu importe : ce qu’il faut retenir, c’est qu’elle est capable de converser à plusieurs dizaines de mètres (mais au-delà de 20 mètres, des pertes de connexion apparaissent parfois), y compris en présence de quelques obstacles. Un écran LCD monochrome montre la puissance des gaz, avec un indicateur de 0 à 100. Voilà qui est totalement gadget ! en revanche, elle affiche le réglage des trims (les outils qui permettent de corriger les commandes et de trouver le point neutre de chacune d’entre elles). Indispensable, puisque ces trims ne sont pas analogiques et basés sur une molette : ils fonctionnent par pressions successives. Sans l’indicateur, vous ne savez pas comment sont réglés les trims. Cette radiocommande se distingue avec deux particularités bien agréables. Tout d’abord, elle permet de choisir en quelques secondes le mode 1 (gaz à droite) et le mode 2 (gaz à gauche). Il faut pour cela retirer la vis qui maintient l’antenne, retourner cette antenne, replacer la vis. Et c’est tout ! C’est le design symétrique de la radiocommande qui permet ce tour de passe-passe.
La seconde particularité consiste à un contrôle de la sensibilité des commandes. Par défaut, une demi-lune est affichée sur l’écran LCD, indiquant le mode Débutant : les commandes sont douces. Avec une pression sur l’un des deux joysticks, vous passez en mode Avancé. Dans ce cas, les commandes sont beaucoup plus sensibles : l’hélicoptère fait preuve d’une grande vigueur. La radiocommande, au final, est une réussite. Sachez qu’il lui faut 4 piles AA pour fonctionner. Mieux vaut utiliser des batteries à ce format : les piles sont vite à plat, l’énergie pompée par la recharge de la batterie de l’hélicoptère. Lorsque l’appareil décolle, la diode bleue fixe du cockpit clignote, et s’y ajoute un clignotement en vert. Malgré ces deux 2 diodes, l’appareil reste discret.
Premier vol
Gaz ouverts à petit régime : le rotor de queue se met à tourner, puis le rotor principal. Mieux vaut ne pas monter en puissance progressivement, le principal résultat est une rotation rapide qui ne met pas en confiance et va jusqu’à coucher l’appareil sur le côté. Non, le mieux est de pousser les gaz franchement pour que le Scorpio 1&10 décolle d’un coup. Il faut être prêt à compenser rapidement la dérive, et poser rapidement si l’appareil ne part pas bien du tout. Evitez ces premiers décollages dans un salon où se trouve la vaisselle de grand-mère : il y a un risque de perte de contrôle et de vous retrouver déshérité ! Préférez un garage, un gymnase, ou en extérieur s’il n’y a pas de vent. Une fois que vous aurez maîtrisé le décollage et réglé les trims, l’hélicoptère devrait être très stable, adoptant un stationnaire rassurant. Bien que, tout de même, sa queue et son empennage aient tendance à gigoter. Il faut agir avec douceur sur les commandes, le Scorpio 1&10 est très nerveux. Il a aussi tendance à perdre de l’altitude rapidement sur toutes les sollicitations de la radiocommande. Il faut donc être prêt à compenser avec la manette des gaz. Pas facile : la gestion du stationnaire est très simple, le gyroscope fait des miracles, mais lorsque vous commencez à le piloter, il faut être attentif et agir sur les commandes pour éviter de partir en dérapage ou de descendre trop vite. Avec un peu de pratique, vous pouvez obtenir un vol d’une grande précision. Un peu inférieure à celle du Blade Msr, mais suffisante pour vous imposer des figures complexes. On s’enhardit vite à essayer des mouvements plus rapides, plus brusques.
Ca tombe bien, l’appareil joue bien le jeu, à tel point qu’une pièce intérieure devient vite une prison qui limite tous les mouvements. Si vous êtes en extérieur ou dans un gymnase, vous pouvez passer en mode Avancé. Les commandes sont beaucoup plus vives, et l’hélicoptère avance à une vitesse impressionnante. Comparable, là encore, à celle du Blade Msr. Les sensations fortes sont au rendez-vous. Si vous avez la chance de piloter dans un grand espace dégagé en plein air, sans vent, le plaisir est tout simplement intense ! Notez que le gyroscope bloque l’appareil pendant quelques secondes après un choc violent, sans doute pour se recalibrer. La rotation de l’appareil ne prend pas appui sur l’axe du rotor. Il est donc impossible de réaliser des figures de type toupie, c’est à dire de tourner très rapidement sur lui même, car l’appareil s’embarque dans une spirale.
Les défauts
Le Scorpio 1&10 n’est tout de même pas aussi souple que son concurrent le Blade Msr, que ce soit en stationnaire ou en réalisant des mouvements extrêmes. La barre de Bell plie jusqu’à toucher les pales, sans provoquer de crash, mais en déséquilibrant suffisamment l’hélicoptère au point qu’il devienne incontrôlable pendant quelques secondes. Si vous ralentissez l’avance rapide, l’appareil monte très rapidement, et vous aurez toutes les difficultés du monde à le contraindre à rester à une altitude constante. La durée de la batterie, 7 minutes environ, est un peu juste. Même si vous pouvez acquérir d’autres accumulateurs pour multiplier les vols (comptez environ 14 € l’unité). La barre de Bell, en plastique (avec des poids métalliques emprisonnés) a tendance à plier nous l’avons vu. Si vous pilotez de manière sportive (y compris en intérieur avec le mode Débutant), elle est soumise à des torsions qui la font chauffer. Elle plie alors de plus en plus, juste à côté du rotor, jusqu’à se briser au bout de quelques dizaines de vol et quelques chocs un peu durs (le remplacement coûte 6 €). Les autres pièces de l’hélicoptère semblent résistantes : elles ont passé avec succès de gros crashs. Regrettons aussi l’absence d’interrupteur sur l’hélicoptère. Une fois la batterie insérée, il est opérationnel et les pales peuvent se mettre à tourner.
Alors, faut-il acheter ?
La réponse est Oui, sans aucun doute. Cet appareil constitue un sérieux concurrent pour le Blade Msr de e-flite, proposé à un prix beaucoup plus léger. Il est assez facilement à prendre en main, constituant un appareil idéal pour passer d’un pilotage d’hélicoptère birotor à un monorotor. Il est agréable dans un petit intérieur : le pilotage s’apparente à un jeu de patience pour maîtriser parfaitement le vol stationnaire. Il est tout à aussi plaisant en extérieur (sans aucun vent) ou dans un gymnase, grâce à sa maniabilité et sa nervosité. Son prix est assez élevé, 100 € environ. Mais on le trouve facilement à moins de 80 € avec sa radiocommande en cherchant bien sur Internet.
Ce qu’il faut savoir
- Prévu pour des vols en intérieur (grands intérieurs au début, plus petits avec de l’expérience)
- Fonctionne en extérieur – c’est même super agréable – mais sans un brin de vent
- Charge via la radiocommande (4 piles AA)
- Autonomie de 7 minutes en vol
- Temps de charge de 25 à 30 minutes
- Fonctionne en 4 voies (haut, bas, avant, arrière, droite, gauche, translation droite, translation gauche)
- Radiocommande 2,4 GHZ Mode 1 ou Mode 2
- Simple rotor, mais stabilité assurée par un gyroscope
Les plus
- La stabilité
- La maniabilité
- Le prix
- La radiocommande 2,4 GHZ
- La solidité
Les moins
- L’autonomie
- La barre de Bell qui plie et rompt
- L’absence d’interrupteur
Points de détail
- Les atterrissages de précision doivent tenir compte du souffle des pales sur le sol, tellement ce micro hélicoptère est léger.
- L’appareil est autonome : sa radiocommande fonctionne avec 4 piles qui sont livrées dans la boite. Vous pouvez voler tout de suite (après recharge de la batterie).
- Le Scorpio 1&10 fonctionne en extérieur, mais il est emporté par le moindre souffle de vent.
- La boite du Scorpio 1&10 libellée RTF (Ready To Fly) comprend la radiocommande 2,4 GHz.
- On trouve cet appareil sous d’autres noms. Chez Nine Eagles, c’est le Solo Pro 1 (rouge) ou le Solo Pro II (jaune).
La vidéo !







